Mai 2012 - Aubier - 22 €
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la voix sans jamais
oser le demander à votre psychanalyste… Rarement la psychanalyse a
abordé la question de la voix. Lorsqu’elle l’a fait, c’est surtout à
partir du texte (livret d’opéra, poème de Lieder, etc.), réduisant les
enjeux musicaux à celui du sens charrié par les mots. Une telle approche
nie la spécifi cité de la musique et du chant qui se situent entre sens
et jouissance.
Jean-Michel Vives étudie la matérialité du son, la spécificité
technique de l’art vocal à travers l’histoire et l’analyse de trois
pratiques artistiques : la musique religieuse et les castrats, l’opéra,
la techno. Il s’intéresse moins au « sens » de la voix qu’au repérage de
la place qu’occupe cet « obscur objet du désir » au sein de la
dynamique psychique d’un sujet, d’un groupe, d’une société. Car la voix
recèle une double vocation : elle est pacifiante mais peut aussi
déchaîner les passions.
À travers des questions essentielles ou faussement futiles, il tente
d’en dévoiler l’énigme : Pourquoi les adolescents préfèrent-ils écouter
de la musique techno plutôt que leurs parents ? Pourquoi les castrats,
qui avaient pour fonction de véhiculer la parole divine à l’Église,
ont-ils été perçus comme obscènes à l’opéra ? Pourquoi la voix de Dieu
est-elle inaudible ? Pourquoi déteste-t-on une chanteuse qui rate son
aigu alors qu’on compatit au faux pas du danseur ? Pourquoi l’opéra
est-il aujourd’hui devenu un genre de recréation ? Pourquoi l’amoureux
de la musique est-il un mélomane et non un mélophile ? Qu’est-ce qui
caractérise la voix des sirènes ? Pourquoi la plainte est-elle
féminine ? Comment le sujet conquiert-il sa voix ?




