dimanche 16 juin 2019

Daniel Bartoli : Les passagers du réel. Pour un traitement possible de la psychanalyse

Editions des crépuscules - Mars 2019


Cet essai fait autre chose avec la psychose que l'attendre en embuscade et la névrotiser de force. Autre chose avec la Chose-psy que la combattre pour la réduire, l'accommoder par un discours, lui passer la camisole. La pratique implique un détour : tout réinterroger et changer de référentiel. Peut-être aussi changer de mots. Comment se manient dans la rencontre ces images résiduelles, ces inquiétantes étrangetés, morceaux de réel effractants, ces repérages élémentaires qui surgissent et s'actualisent en désordre ? Comment manoeuvrer dans le transfert psychotique ? Comment la Chose-psy, dans sa radicalité, viendrait-elle à faire transfert, et tendre pour une écriture à venir ? En livrant ici les concepts opératoires de sa pratique, Daniel Bartoli témoigne de son engagement auprès des patients, et de la tâche quotidienne de construire avec eux un récit. Il s'oppose violemment à la ségrégation des " malades mentaux ". Cyrille Deloro

Daniel Bartoli est psychiatre. Formé à l'hôpital de Fann de Dakar par Henri Colomb dont il sera l'interne puis l'assistant dans un service animé par des influences diverses et leurs masques : psychanalystes et philosophes tels Edmond et Marie-Cécile Ortigue pour son " OEdipe africain ", ethnologues et psycho-sociologues comme A Zempleni ou Danielle Perez Storper qui donnera " La folie colonisée ", des guérisseurs au statut de psychiatres traditionnels, de nombreux voyageurs aventuriers dont Jean Rouch qui y font des incursions savantes. Psychanalyste à l'Ecole freudienne de Paris, il suivra avec quelques autres le conseil de Lacan : investir les lieux psychiatriques consacrés à la psychose, et " son traitement possible ". Accueilli par Jean de Verbizier à l'hôpital de jour de l'association l'Elan Retrouvé il y installera sa pratique et un enseignement à plusieurs voix ; peut-être aujourd'hui résonnent-elles encore ?

acheter ce livre

Ghyslain Lévy : Survivre à l'indifférence

Campagne première - Mai 2019 - Recherche


Comprendre les maux de nos sociétés contemporaines Comment comprendre notre consentement passif envers la cruauté banalisée d'une réalité quotidienne dont nous entendons les échos terrifiants ? L'époque n'est plus celle de cet amour de la vérité que Freud donnait comme la fin de chaque engagement dans une psychanalyse. L'époque est celle de la vraie pauvreté, de l'homme pouvant être sacrifié à merci, et dont l'autre face est l'indifférence. Dans cet essai d'anthropologie psychanalytique, Ghyslain Lévy saisit la société actuelle. Il montre combien l'invention de " l'homme augmenté ", produit d'un éros technologique, se fonde sur un déni de la réalité et de la mort qui induit l'isolement dans l'addiction ou la solitude " branchée ". A partir de sa riche expérience clinique, et en s'appuyant sur la littérature et le cinéma, l'auteur nous fait parcourir les lieux de l'indifférence, des maladies du virtuel à la perte du sentiment du chez soi. Survivre à l'indifférence, c'est vivre contre l'indifférence, faire résistance au règne de l'homme-jetable et à la marchandisation des corps.

Ghyslain Lévy est psychanalyste, membre du Quatrième Groupe. Il est l'auteur de nombreux livres, dont L'Invention psychanalytique du temps (L'Harma> ; an, 1996), Au-delà du Malaise. Psychanalyse et barbaries (Erès, 2000), L'Ivresse du pire et Le Don de l'ombre (Campagne Première, 2010 et 2014).

acheter ce livre

mardi 6 novembre 2018

Savoirs et clinique -Numéro 2018/1 - n° 24 : Ambitions pour l'enfant. L'ambition des enfants

Erès - Novembre 2018


L’ambition tire sa puissance du désir de l’autre, fantasmatique ou réel, sans pourtant s’y réduire. Son intérêt réside dans l’orientation décisive qu’elle donne à la vie du sujet, qu’il s’agisse de son ambition ou de celle d’un autre. Ce désir est nécessaire : un enfant qui n’est investi d’aucun désir parental pour son avenir entrera dans la vie avec un handicap. Dans ses formes pathétiques, l’ambition apparaît comme un symptôme transmis par les parents et fondé sur la rivalité, un produit du surmoi social collectif : il y a concurrence et il faut lutter pour le succès. Le sujet ambitieux peut aussi réaliser son rêve ou celui de ses parents, jusqu’à parfois entrer dans l’arène sociale pour la transformer en une scène de l’Histoire. Le parlêtre sait rarement ce qu’il veut, les doutes l’assaillent, l’ambition, reçue comme une demande de l’Autre, l’éperonne là où défaille l’aile de son désir, malgré le fantasme qui soutient celui-ci.

Page 9 à 17 : Geneviève Morel - Franz Kaltenbeck (1944-2018) | Page 18 à 24 : Vincent Le Corre, Monique Vanneufville, Diane Watteau - Éditorial | Page 25 à 33 : Franz Kaltenbeck - Nom et ambition | Page 34 à 42 : Paul Audi - Que faire de l’ambition des siens pour soi ? Réflexions sur le cas de Romain Gary | Page 43 à 55 : Renata Salecl, Brigitte Balbure - Angoisse chez l’enfant au temps de la génétique | Page 56 à 63 : Aline Bourjot - « Il arrivera comme les autres mais pas par le chemin de tout le monde » | Page 64 à 73 : Daisuke Fukuda - La passion chirurgicale de Marie Bonaparte. Deux histoires de l’œil | Page 74 à 80 : Emmanuel Fleury - Les détours d’un autiste | Page 81 à 93 : Marie Lenormand - L’ambition d’une mère à l’œuvre… dans l’écriture et la publication d’un cas de psychanalyse : La petite « Piggle » de Winnicott | Page 94 à 102 : Geneviève Morel - Prolongements d’ambitions, de mère en fille | Page 103 à 105 : Sibylle Guipaud - Hubert Damisch (1928-2017) | Page 106 à 120 : Federica Montevecchi - Empédocle et Freud Réflexions sur la logique et le langage | Page 121 à 130 : Louis Raffinot - Remarques sur le corps autobiographique dans la psychose. Le Saut dans les Cahiers de Nijinski | Page 131 à 140 : Olivier Gaignard - Étienne Balibar et la question du racisme dans Race, nation, classe | Page 141 à 149 : Frédéric Yvan - L’inquiétante étrangeté de l’étranger | Page 150 à 155 : Vincent Le Corre - Introduction. Pourquoi une journée d’étude sur le numérique dans une association de psychanalyse ? | Page 156 à 164 : Frédéric Tordo - Des jeux vidéo et des robots dans le cabinet du psychanalyste | Page 165 à 173 : Angélique Gozlan - Quand l’altérité devient virale : exemple du cyberbullying | Page 174 à 179 : Marion Haza - Quand Zelda devient un support narratif pornographique : rencontre de la pornographie à l’adolescence | Page 180 à 183 : Frédéric Yvan - « Des psychanalystes avec le numérique : jeux vidéo, réseaux sociaux, robots et pornographie... ». Quelques remarques sur les interventions | Page 184 à 187 : Antoine Verstraet - Donatien, l’affranchi | Page 188 à 194 : Geneviève Morel, Franz Kaltenbeck - Critique de film | Page 195 à 219 : - Comptes rendus de lecture | Page 220 à 222 : Isabelle Baldet, Monique Vanneufville - Sylvie Boudailliez (1949-2017).

acheter ce livre

Le Journal des psychologues 2018/10 (n° 362) : Violences extrêmes. Le sujet de la radicalisation

 Martin Média - Octobre 2018


Page 3 : Patrick Conrath, Maria Ouazzani - La radicalisation : le sujet en question | Page 12 : Dana Castro, Jean-Luc Viaux - L’engagement dans des violences extrêmes : l’exemple de la radicalisation | Page 14 à 18 : Elyamine Settoul - Les jihadistes français : diversité des parcours, pluralité des réponses | Page 19 à 24 : Nicolas Estano - Radicalité et violence : les voies de l’engagement extrême | Page 25 à 27 : Guillaume Monod - Quelques parcours de radicalisation et djihadisme | Page 28 à 35 : Cindy Duhamel, Alexandre Ledrait - Analyse processuelle et dimensionnelle du symptôme des radicalisations adolescentes | Page 36 à 39 : Jean-Michel Coq - La figure du terroriste : le regard de ceux qui en sont les victimes | Page 40 à 44 : Johan Dechepy‑Tellier - La prévention de la radicalisation en France et ailleurs en Europe | Page 45 à 46 : - Bibliographie | Page 47 à 51 : Henri-Pierre Bass, Albert Ciccone - La frontière, espace naturel du soin psychique | Page 52 à 55 : Joanna Smith - Les expériences précoces, de la conception jusqu’à trois ans : quel impact psychopathologique à l’échelle de la vie ? | Page 56 à 59 : Philippe Drweski - L’identification dans un groupe de patients de retour d’expatriation | Page 60 à 64 : Mathilde Tiberghien - Famille de militaire : la systémie au cœur d’une double appartenance | Page 65 à 70 : Anne-Laure Lamberton - La projection d’éléments culturels dans la réalisation du dessin de famille : un exemple vietnamien | Page 71 à 77 : Emile Sellier-Mesnard - Relations et cadre dans l’exercice clinique. 

acheter ce livre

lundi 5 novembre 2018

Virginie Foloppe : Dépersonnalisations au cinéma. Du traumatisme à la création

Les Contemporains favoris - Novembre 2018 


L'affect de dépersonnalisation n'est pas uniquement une réaction psychique à un environnement défaillant. Il peut aussi être le levier de la création. L’analyse de Virginie Foloppe oscille constamment entre ces deux formes de dépersonnalisation. L'une relève donc de la création, qu'elle aboutisse ou non à une œuvre d'art, quand l'autre s'achève dans une destruction perceptible à travers la destinée tragique d'êtres privés de tout élan vital, après qu'ils aient été confrontés à des traumatismes ; deuil, envie, inceste, viol. L'art cinématographique crée une psyché flottante à même de réfléchir la mémoire sensorielle de situations traumatiques à la violence insoutenable et de nous livrer les moyens d'en sortir. Hitchcock, Vinterberg, et Kim Ki-duk, chacun avec un style singulier, composent des miroirs perceptifs capables de ne pas se confondre avec leur objet, mais de réfléchir l'autre voie de la dépersonnalisation.

La recherche de Virginie Foloppe, docteure en esthétique et sciences de l'art, est pluridisciplinaire : de la fabrique de l'écriture (article, essai, fiction) à celle des images (art digital, art vidéo) en passant par l'enseignement des arts (Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Nouvelle) et un diplôme de psychologue clinicienne. Elle a déjà publié aux éditions Les Contemporains favoris : L’hémorragie des contemporaines, Nelly Arcan et Chloé Delaume (2015).

Introduction, 9

I - Une mélancolie de l'autre sexe : Vertigo d'Alfred Hitchcock

Une femme saigne, 17
Un traumatisme visuel, 18
Autoportrait de l'artiste en dépersonnalisé, 20
Le crime de la mélancolie, 26
Au miroir de la création, 29
Je ne suis pas celle que vous croyez, 32
Dites-le avec des fleurs, 35
Cachez cette envie que je ne saurais voir !, 37
Quand la bisexualité est le fruit d'un pillage, 39
Dans la fabrique des images, 41
Poïétique du threesome, 44
De l'effeuillage au dépouillement, 46
L’envie du vagin, 50

II - Un visage informe : Time de Kim Ki-duk

Une injonction faite aux femmes ?, 53
D’une lèvre l’autre, 55
Dans la fente, 57
Préliminaires d'une chair dépropriée, 60
Un reste de sang, 63
Quand le visage s'abîme au contact de l'autre, 64
Les écorchés du verbe, 66
Retouche-moi jusqu'à l'impersonnalité, 68
Le crépuscule d'une personne, 71

III - La rencontre amoureuse : une naissance intime. L'arc de Kim Ki-duk

Séquestration intime, 75
La négativité d'un bain musical, 78
Du rapt d'enfant à la capture amoureuse, 79
Un miroir sonore mélodieux, 83
Une suture factice, 85
Des images mortes aux prises des amoureux-artistes, 87
S'arracher un bâillon psychique, 91
Une saisisseuse, 95
La perforation d'un hymen cérébral, 98

IV - Désincarnations : Samaria de Kim Ki-duk

Le stade du virtuel d'un avatar sans personne, 103
Le fétichiste et sa vierge virtuelle, 106
De l'avatar à l'imago. De la webcam à la caméra cinématographique, 109
To live in a lie, 111
Le ravissement d'une crise de dépersonnalisation, 113
Cinéma d'une origine coagulée, 116
Sculpter le désincarnat d'une Peau-dépersonnalisation, 119
Une fracture de la pensée, 121
De la dyade narcissique à la dernière dyade, 123
Psychés de passe, 127
Jouir avec les yeux, 130
Dans les plis de Vasumitra, 133
La dépersonnalisation par contagion chromatique, 136

V - Dans les yeux de ta jumelle. Festen de Thomas Vinterberg

De son visage coule une encre noire, 141
Retour vers une géographie maltraitante, 144
Linda : une morte inaperçue, 146
La pupille était en sang, 149
Un œil désincarné, 151
Images d'une corporelle-incorporelle, 153
Partenaires du vide, 155
Jouer à l'agresseur, 158
L'écran du traumatisme, 161
Un sujet femme-homme, 165
Snut : un jumeau paraphrénique, 167
Un clivage intrapsychique, 171
Œuvrer la sépulture d'une victime de l'inceste, 173

VI - De Vénus à Lucrèce. Corps exhibés corps violés

L'exhibition de Vénus, 177
Un trouble de la mémoire visuelle, 180
Poïétique de l'inceste, 183
Hyménographie du traumatisme ou quand le cinéaste vagine son image, 184
En un battement de paupière, 188
Crever la matrice du nu féminin : un hymne à la dépersonnalisation, 192
Un vidage hémorragique, 195
La putain se figure encore vierge, 199
Si j'étais un garçon : une érection déjà filmée, 201
La fleur des inconscients, 203

VII - Conclusion

Une hémorragie du féminin, 205
D'une catastrophe à l'autre, 208
Le réveil du père mort, 216
La matrice gémellaire de la dépersonnalisation, 221
Un écran authentique, 226

VII - Bibliographie, 231

lundi 22 octobre 2018

Fabrice Bourlez : Queer psychanalyse. Clinique mineure et déconstructions du genre

Hermann - Octobre 2018


La visée des théories queer est éthique : rendre un plus grand nombre de vies vivables. À l’heure du triomphe des thérapies cognitivo-comportementalistes et des transformations profondes de la famille, les psychanalystes peuvent-ils se servir de ces avancées pour réinventer une clinique après l’Œdipe ? Poser cette question, c’est se demander en quoi et pourquoi le travail de Judith Butler, Eve Kosofsky Sedgwick, Paul B. Preciado et d’une multitude d’autres théoriciennes et théoriciens, dé-fait la psychanalyse. C’est s’offrir des pistes concrètes pour revenir sur des formules et des évidences cliniques parfois trop vite tenues pour acquises. C’est resituer la praxis analytique à la croisée de la théorie et du politique. En retour, c’est mettre les concepts des queer face à la tâche impossible qui anime l’analyste, les confronter au réel singulier qui prévaut dans chaque cure. Il ne s’agit donc pas de transformer la pratique en philosophie ou de faire des dé-constructions du genre une clinique, mais de démontrer l’utilité de l’une et l’acuité de l’autre pour rencontrer les minorités en tous genres.

acheter ce livre

vendredi 19 octobre 2018

Laurie Laufer (dir.) : Lettres à Lacan

Thierry Marchaisse Editions - Novembre 2018


Où en est la psychanalyse aujourd'hui ? Ces lettres dessinent un état du champ freudien inséparable, pour le meilleur comme pour le pire, de « l'effet Lacan » et des retombées de son enseignement, en France autant qu'à l'étranger. Elles sont signées de psychanalystes (élèves ou détrac­teurs), dont des proches de la première heure, mais aussi de personnalités scientifiques ou artistiques venues d'autres horizons.
On peut y voir une forme inattendue de manifeste, une relance du gai savoir lacanien, qui s'autorisait toutes les formes de propos et d'arguments pro et contra, des plus loufoques aux plus sérieux, des plus littéraires aux plus théoriques.

LAURIE LAUFER est psychanalyste, professeure à l'Université Paris-Diderot et directrice du Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS).

AUTEURS : Jean ALLOUCH, Paul AUDI, Jorge BAInOS ORELLANA, Fethi BENSLAMA, Daniel BORRILLO, Danièle BRUN, Chloé DELAUME, Christian DUNKER, Éric FASSIN, Frédéric GROS, Lewis KlRSHNER, Etienne KLEIN, Gloria LEFF, Guy LE GAUFEY, Lucrèce LUCIANI, Paola MlELI, Bertrand OGILVIE, Anne ONIME, Barbara OSOROVITZ, Jacques ROUBAUD, Moustapha SAFOUAN, Jacques SÉDAT, Daniel SIBONY, Christian SiMATOS, Marie-Claude THOMAS, Alain VANIER, Catherine VANIER, Mayette VlLTARD, Anonyme.

acheter ce livre