mercredi 14 juin 2017

L'en-je lacanien 2017/1, n° 28 : Des passions

Erès - Juin 2017


L’hypothèse lacanienne est que le langage est l’appareil de la jouissance et que celle-ci affecte le sujet. Ceci amène à repenser ce que Freud appelle pulsion, énergie psychique, affect et ce que les philosophes (Aristote, Descartes, Thomas d’Aquin, Spinoza) appellent passions. Lacan a largement commenté non seulement ces trois passions de l’être que sont l’amour, la haine et l’ignorance mais aussi la tristesse, la colère, la honte, l’envie et la jalousie. Quel en est l’enjeu dans la psychanalyse ?

Page 5 à 10 : Didier Castanet - Le retour des passions | Page 11 à 28 : Michel Bousseyroux - L’envie et la jalousie. Saint Augustin avec Lacan | Page 29 à 40 : Christophe Fauré - Au-delà de la haine jalouse | Page 41 à 58 : Maryse Roussel Meyer - Roland Barthes : l’image fatale. Microlecture de La chambre claire | Page 59 à 72 : Nicole Bousseyroux - Derrière la jalousie : de Robbe-Grillet à Proust | Page 73 à 98 : Albert Nguyên - La règle du jeu | Page 99 à 112 : Luis Izcovich - Passions et désir | Page 113 à 116 : Xavier Doumen - Laisser pendre | Page 117 à 142 : Bruno Moroncini, Liliane Peduto - Quelle politique pour la psychanalyse ? | Page 143 à 150 : Didier Castanet - Un livre politique ? | Page 151 à 162 : David Bernard - La morale du petit Hans | Page 163 à 194 : Philippe Forest, Marie-José Latour - Entretien avec Philippe Forest | Page 195 à 197 : Nathalie Billiotte-Thieblemont - Kouli jappe au nez de la nuit | Page 198 : Nathalie Billiotte-Thieblemont - Poème insignifiant | Page 199 à 202 : Isaure Bousseyroux - La danseuse-sablier | Page 203 à 204 : Vincent Bouzignac - Les morsures du soleil | Page 205 : Sylviane Cernois - Épiphanies (suite). Le bal | Page 206 : Sylviane Cernois - Épiphanies (suite). Le chambard | Page 207 à 210 : Monique Désormeaux - Le sort étreint | Page 211 : Anne Fourcade-Jourdain - Le coureur de fond | Page 212 : Anne Fourcade-Jourdain - L’escargot | Page 213 : Anne Fourcade-Jourdain - À force de chercher | Page 214 : Anne Fourcade-Jourdain - Les femmes bien | Page 215 à 216 : Louis Lucien Pascal - La danse du cheval | Page 217 à 218 : Axel Tufféry - Ronde du soir | Page 219 à 220 : Véronique Vialade Marin - Chevelure noire dans un champ d’écume.

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jeudi 8 juin 2017

Cliniques n°13 : La répétition. Entre résistance et changement ?

Erès - Juin 2017


L’institution de soin, du simple fait qu’elle constitue souvent un recours dans des histoires marquées par le trauma et l’effraction, est un des hauts lieux d’expression et de déploiement de la répétition, de manière manifeste ou latente, consciente ou inconsciente. Mais comment l’appréhender ? Dans les premiers temps de la vie, la répétition favorise l’accès à la symbolisation. Partant de son prototype, le fameux jeu de la bobine, on conçoit très bien combien elle donne forme aux événements en leur attribuant peu à peu un sens, comment elle permet de se les figurer, de les penser, de les nommer. Plus tard, elle alimente très largement le matériel même du soin psychique, lorsqu’elle est une mise en scène féconde où s’actualise la problématique inconsciente du patient, lorsqu’elle permet l’accès à la remémoration. Pourtant, elle devient parfois une résistance redoutable dans laquelle peut s’enrayer le processus : quand la répétition ne répète plus qu’elle-même, elle finit par épuiser ses propres soubassements fantasmatiques et peut devenir une rengaine lancinante, un disque rayé, métaphore souvent évoquée. Elle enferme alors tous les protagonistes du voyage thérapeutique dans une aliénation stérile. Si la répétition peut être le début d’une solution, elle peut aussi devenir un véritable poison dans un processus thérapeutique au point d’en interroger son au-delà du plaisir. Comment permettre que la répétition serve plutôt qu’elle ne desserve le travail psychique en institution ? Comment le dispositif institutionnel peut-il être investi comme le lieu d’une mise en scène plutôt que le lieu d’une mise en acte répétitive ? Comment les acteurs des soins psychiques en institution tolèrent-ils et traitent-ils les mouvements de répétition à la fois singuliers et collectifs ?

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samedi 3 juin 2017

Jean-Pierre Cléro : Lacan et la langue anglaise

Erès - Février 2017 - Collection : Essaim


Dans cet ouvrage destiné à faire référence, Jean Pierre Cléro aborde l'importance et la variété des références de Lacan à la langue et la culture anglo-saxonne et leur apport à la psychanalyse. En partant de la thèse de Lacan, « l’inconscient est structuré comme un langage », l’auteur pose la question du rapport que l’inconscient entretient avec les langues et plus particulièrement avec la langue anglaise, ce qui interroge l'universalité des termes analytiques et a des conséquences sur la pratique de l'analyse (en français et en anglais) et sur les traductions. Il recense la multiplicité des termes anglais importés par Lacan dans le vocabulaire analytique (acting out, fading, splitting...) et leur fonction. En s’intéressant aux termes franglais créés par Lacan (oddité, poignance...), il montre que les frontières entre les langues sont poreuses et sont toujours à référer à la subjectivité des êtres parlants. Lacan frayait sa voie en introduisant des débats contradictoires avec des auteurs du passé ou du présent dont de nombreux philosophes, logiciens, linguistes, écrivains et psychanalystes anglo-saxons. Cet ouvrage met ainsi à l'honneur une pensée lacanienne en construction, au delà des frontières françaises dans un souci de bilinguisme et de transdisciplinarité.

Jean-Pierre Cléro est professeur émérite de philosophie à l’université de Rouen. Il enseigne par ailleurs à Sciences-Po (Paris). Il a publié plusieurs ouvrages dont Essai sur les fictions (Hermann, 2015), Le vocabulaire de Lacan (Ellipses, 2002, 2006), Dictionnaire Lacan (Ellipses, 2008), Y a-t-il une philosophie de Lacan ? (Ellipses, 2006) et des articles dans les revues spécialisées sur la philosophie anglaise, la philosophie des sciences, ainsi que sur Lacan et la psychanalyse. Il a aussi traduit Jeremy Bentham (Chrestomathia).

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mardi 30 mai 2017

Insistance n°12 : Sexualité & Diversité

Erès - Mai 2017



L’originalité de ce numéro réside dans la diversité de points de vue avec laquelle les auteurs analysent la question de la conception du sexuel dans le débat contemporain, dans l’histoire de la psychanalyse et de ses institutions, la société aujourd’hui. 
Le croisement de ces apports noue une problématique multi-modale des parcours pour penser la question sexuelle et le sens que nous donnons aux mots. 
Les discussions sur le caractère pathologique de l’homosexualité ont imprégné la psychanalyse jusqu’aux jours actuels et ont été à la base du rejet profond que certains ont produit vis-à-vis de la psychanalyse.
L’homosexualité, la filiation, la définition même du sexe voient leurs limites morales et culturelles bouger. Les critiques au nom de crimes contre la nature sont à la fois plus bruyantes mais moins solidement fondées. Leur étendue dépasse les débats d’école pour s’inscrire dans le débat social à l’échelle mondiale, c’est-à-dire politique, et s’écrire dans la réalité juridique et réglementée.
La sexualité est au cœur de la découverte freudienne de l’inconscient qui s’articule à un autre concept fondamental : la pulsion sexuelle.
Il est fort saisissant que tout discours sur la sexualité dans la psychanalyse soit basée sur ce seul concept qui, après avoir été introduit en 1905, s’adjoint des précisions et des augmentations dans le cours de la pensée freudienne qui débouchent sur la pulsion de mort.
Ce numéro ambitionne d’apporter sa pierre au débat sur la question de la diversité sexuelle.

Jacques Barbier

Avec la participation de Jacques BARBIER, Betty BERNARDO FUKS, Marco Antonio COUTINHO JORGE, Marlise Eugénie D'ICARAHY, Thierry DELCOURT, Jack DRESCHER, Nadia Paulo FERREIRA, Laéria FONTENELLE, Lionel LE CORRE, Luciana MARQUES, Acyr MAYA, MITCHELEE, Antonio QUINET, Élisabeth ROUDINESCO

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samedi 27 mai 2017

Elie Doumit : Lacan ou le pas de Freud. Mythes et mathèmes

Eme Editions - Mai 2017 - Lire en psychanalyse


En commentant de façon éclairée le dire de Lacan, les différents articles de ce livre frayent un chemin dans la suite de la démarche freudienne. Non sans la déplacer à condition de se déplacer soi-même et d'expérimenter soi-même les changements de cap et les rebroussements qui font la vie de l'inconscient et de sa logique. 
Grâce au style rigoureux, logique, rationnel et pédagogique de Élie Doumit qui ne cède jamais sur les points les plus difficiles de l'enseignement de Lacan, le lecteur pourra se frayer un chemin nouveau dans son abord de la psychanalyse et sa rencontre avec le Réel de l'expérience.
 
Élie Doumit est psychanalyste à Lille, Rabat et Casablanca (Maroc). Il est membre de L'ALI (Association lacanienne internationale). Il est le fondateur de L'École psychanalytique du Nord. Il a enseigné la philosophie des sciences et la psychanalyse à l'Université Charles de Gaule à Lille.

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Stein Fossgard Grontoft : De la pulsion au sinthome. Vers une jouissance non-œdipienne généralisée

PU Rennes - Mai 2017 - Clinique psychanalytique et psychopathologie


La pulsion, concept fondamental de la psychanalyse, doit-elle être conceptualisée en termes dualistes ou monistes ? A partir d'un modèle conflictuel fondé sur deux principes premiers essentiellement irréductibles et antagonistes, Freud a toujours cherché à conceptualiser la pulsion en termes dualistes : pulsion d'autoconservation vs pulsion sexuelle partielle, libido de moi vs libido d'objet, pulsion de vie vs pulsion de mort. Interprétation biologique de la pulsion de mort, compulsion de répétition comme tendance restitutive, et dualisme pulsionnel ; ces choix théoriques sont en effet liés pour Freud. Lacan, pour sa part, était porté par un "pousse-à-l'unarisme" ; à partir du modèle du ratage, de la topologie des surfaces et du mythe de la lamelle, son intuition fondamentale était que la pulsion doit être conceptualisée en termes monistes. Lacan parvient ainsi à injecter non seulement le plaisir, mais surtout la jouissance, cette satisfaction paradoxale qui fait souffrir, dans la structure fondamentale – dans le but – de la pulsion. Cette démarche implique que la pulsion de mort et le masochisme soient des aspects de chaque pulsion. Nous considérons ainsi la persistance du dualisme chez Freud, malgré ses évolutions, comme une résistance à une évidence moniste qui s'impose, et par ailleurs, comme son traitement. Pendant un certain temps chez Lacan, le concept de pulsion sera pourtant éclipsé par le concept de répétition, répétition de jouissance en tant que plus-de-jouir. Or la pulsion moniste fait finalement un retour discret lorsque les questions du symptôme et du corps vivant qui se jouit sont mises en avant dans son dernier enseignement. Le monisme pulsionnel s'avère être une condition de possibilité pour le sinthome. A partir d'une revalorisation du versant de la pulsion de vie du point de vue de l'Un d'existence, le sinthome comporte une "homéostasie supérieure", c'est-à-dire une satisfaction qui inclut ce qui la dérange, une "répétition qui sauve". De plus, le sinthome en tant que pur événement de corps implique la généralisation d'une jouissance non-oedipienne, non-phallique, et par conséquent hors-savoir et hors-sens, qui ex-siste à l'être.

Stein Fossgard Grontoft est psychanalyste, philosophe et économiste. Ce livre est issu d'une thèse de doctorat en psychanalyse, soutenue à l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, sous la direction de Sophie Marret-Maleval.

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lundi 22 mai 2017

Moustapha Safouan : Le puits de la vérité. La psychanalyse et la science

Hermann - Mai 2017 - Psychanalyse


« En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits », rappelle Démocrite, qui souligne la nature mouvante et insaisissable de la vérité. Elle est pourtant ce que le sujet demande dès qu’il parle. En somme, la vérité est une passion infantile, autant dire primordiale. La vérité ici ne désigne pas un objet. On en fait usage comme un attribut qui caractérise certains énoncés en les distinguant de leurs contraires, taxés de mensonges. Lacan a pourtant substantivé la vérité et lui a même prêté sa bouche : « moi, la vérité, je parle » ; mais son discours ne semble pas avoir contribué à faire revenir les analystes sur la conception qu’ils se font de leur tâche comme recherche de la vérité. 
Recherche de la vérité qui ne peut qu’être en même temps une délimitation du réel. C’est ce double mouvement que Moustapha Safouan suit ici, au travers des figures de la science et de la psychanalyse dans leur dialogue avec le lieu où la vérité s’étreint puis se dérobe sans cesse.

Moustapha Safouan est psychanalyste, il a été parmi les premiers à suivre l’enseignement de Lacan dès ses débuts en 1951.

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