mardi 6 novembre 2018

Savoirs et clinique -Numéro 2018/1 - n° 24 : Ambitions pour l'enfant. L'ambition des enfants

Erès - Novembre 2018


L’ambition tire sa puissance du désir de l’autre, fantasmatique ou réel, sans pourtant s’y réduire. Son intérêt réside dans l’orientation décisive qu’elle donne à la vie du sujet, qu’il s’agisse de son ambition ou de celle d’un autre. Ce désir est nécessaire : un enfant qui n’est investi d’aucun désir parental pour son avenir entrera dans la vie avec un handicap. Dans ses formes pathétiques, l’ambition apparaît comme un symptôme transmis par les parents et fondé sur la rivalité, un produit du surmoi social collectif : il y a concurrence et il faut lutter pour le succès. Le sujet ambitieux peut aussi réaliser son rêve ou celui de ses parents, jusqu’à parfois entrer dans l’arène sociale pour la transformer en une scène de l’Histoire. Le parlêtre sait rarement ce qu’il veut, les doutes l’assaillent, l’ambition, reçue comme une demande de l’Autre, l’éperonne là où défaille l’aile de son désir, malgré le fantasme qui soutient celui-ci.

Page 9 à 17 : Geneviève Morel - Franz Kaltenbeck (1944-2018) | Page 18 à 24 : Vincent Le Corre, Monique Vanneufville, Diane Watteau - Éditorial | Page 25 à 33 : Franz Kaltenbeck - Nom et ambition | Page 34 à 42 : Paul Audi - Que faire de l’ambition des siens pour soi ? Réflexions sur le cas de Romain Gary | Page 43 à 55 : Renata Salecl, Brigitte Balbure - Angoisse chez l’enfant au temps de la génétique | Page 56 à 63 : Aline Bourjot - « Il arrivera comme les autres mais pas par le chemin de tout le monde » | Page 64 à 73 : Daisuke Fukuda - La passion chirurgicale de Marie Bonaparte. Deux histoires de l’œil | Page 74 à 80 : Emmanuel Fleury - Les détours d’un autiste | Page 81 à 93 : Marie Lenormand - L’ambition d’une mère à l’œuvre… dans l’écriture et la publication d’un cas de psychanalyse : La petite « Piggle » de Winnicott | Page 94 à 102 : Geneviève Morel - Prolongements d’ambitions, de mère en fille | Page 103 à 105 : Sibylle Guipaud - Hubert Damisch (1928-2017) | Page 106 à 120 : Federica Montevecchi - Empédocle et Freud Réflexions sur la logique et le langage | Page 121 à 130 : Louis Raffinot - Remarques sur le corps autobiographique dans la psychose. Le Saut dans les Cahiers de Nijinski | Page 131 à 140 : Olivier Gaignard - Étienne Balibar et la question du racisme dans Race, nation, classe | Page 141 à 149 : Frédéric Yvan - L’inquiétante étrangeté de l’étranger | Page 150 à 155 : Vincent Le Corre - Introduction. Pourquoi une journée d’étude sur le numérique dans une association de psychanalyse ? | Page 156 à 164 : Frédéric Tordo - Des jeux vidéo et des robots dans le cabinet du psychanalyste | Page 165 à 173 : Angélique Gozlan - Quand l’altérité devient virale : exemple du cyberbullying | Page 174 à 179 : Marion Haza - Quand Zelda devient un support narratif pornographique : rencontre de la pornographie à l’adolescence | Page 180 à 183 : Frédéric Yvan - « Des psychanalystes avec le numérique : jeux vidéo, réseaux sociaux, robots et pornographie... ». Quelques remarques sur les interventions | Page 184 à 187 : Antoine Verstraet - Donatien, l’affranchi | Page 188 à 194 : Geneviève Morel, Franz Kaltenbeck - Critique de film | Page 195 à 219 : - Comptes rendus de lecture | Page 220 à 222 : Isabelle Baldet, Monique Vanneufville - Sylvie Boudailliez (1949-2017).

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Le Journal des psychologues 2018/10 (n° 362) : Violences extrêmes. Le sujet de la radicalisation

 Martin Média - Octobre 2018


Page 3 : Patrick Conrath, Maria Ouazzani - La radicalisation : le sujet en question | Page 12 : Dana Castro, Jean-Luc Viaux - L’engagement dans des violences extrêmes : l’exemple de la radicalisation | Page 14 à 18 : Elyamine Settoul - Les jihadistes français : diversité des parcours, pluralité des réponses | Page 19 à 24 : Nicolas Estano - Radicalité et violence : les voies de l’engagement extrême | Page 25 à 27 : Guillaume Monod - Quelques parcours de radicalisation et djihadisme | Page 28 à 35 : Cindy Duhamel, Alexandre Ledrait - Analyse processuelle et dimensionnelle du symptôme des radicalisations adolescentes | Page 36 à 39 : Jean-Michel Coq - La figure du terroriste : le regard de ceux qui en sont les victimes | Page 40 à 44 : Johan Dechepy‑Tellier - La prévention de la radicalisation en France et ailleurs en Europe | Page 45 à 46 : - Bibliographie | Page 47 à 51 : Henri-Pierre Bass, Albert Ciccone - La frontière, espace naturel du soin psychique | Page 52 à 55 : Joanna Smith - Les expériences précoces, de la conception jusqu’à trois ans : quel impact psychopathologique à l’échelle de la vie ? | Page 56 à 59 : Philippe Drweski - L’identification dans un groupe de patients de retour d’expatriation | Page 60 à 64 : Mathilde Tiberghien - Famille de militaire : la systémie au cœur d’une double appartenance | Page 65 à 70 : Anne-Laure Lamberton - La projection d’éléments culturels dans la réalisation du dessin de famille : un exemple vietnamien | Page 71 à 77 : Emile Sellier-Mesnard - Relations et cadre dans l’exercice clinique. 

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lundi 5 novembre 2018

Virginie Foloppe : Dépersonnalisations au cinéma. Du traumatisme à la création

Les Contemporains favoris - Novembre 2018 


L'affect de dépersonnalisation n'est pas uniquement une réaction psychique à un environnement défaillant. Il peut aussi être le levier de la création. L’analyse de Virginie Foloppe oscille constamment entre ces deux formes de dépersonnalisation. L'une relève donc de la création, qu'elle aboutisse ou non à une œuvre d'art, quand l'autre s'achève dans une destruction perceptible à travers la destinée tragique d'êtres privés de tout élan vital, après qu'ils aient été confrontés à des traumatismes ; deuil, envie, inceste, viol. L'art cinématographique crée une psyché flottante à même de réfléchir la mémoire sensorielle de situations traumatiques à la violence insoutenable et de nous livrer les moyens d'en sortir. Hitchcock, Vinterberg, et Kim Ki-duk, chacun avec un style singulier, composent des miroirs perceptifs capables de ne pas se confondre avec leur objet, mais de réfléchir l'autre voie de la dépersonnalisation.

La recherche de Virginie Foloppe, docteure en esthétique et sciences de l'art, est pluridisciplinaire : de la fabrique de l'écriture (article, essai, fiction) à celle des images (art digital, art vidéo) en passant par l'enseignement des arts (Panthéon-Sorbonne et Sorbonne Nouvelle) et un diplôme de psychologue clinicienne. Elle a déjà publié aux éditions Les Contemporains favoris : L’hémorragie des contemporaines, Nelly Arcan et Chloé Delaume (2015).

Introduction, 9

I - Une mélancolie de l'autre sexe : Vertigo d'Alfred Hitchcock

Une femme saigne, 17
Un traumatisme visuel, 18
Autoportrait de l'artiste en dépersonnalisé, 20
Le crime de la mélancolie, 26
Au miroir de la création, 29
Je ne suis pas celle que vous croyez, 32
Dites-le avec des fleurs, 35
Cachez cette envie que je ne saurais voir !, 37
Quand la bisexualité est le fruit d'un pillage, 39
Dans la fabrique des images, 41
Poïétique du threesome, 44
De l'effeuillage au dépouillement, 46
L’envie du vagin, 50

II - Un visage informe : Time de Kim Ki-duk

Une injonction faite aux femmes ?, 53
D’une lèvre l’autre, 55
Dans la fente, 57
Préliminaires d'une chair dépropriée, 60
Un reste de sang, 63
Quand le visage s'abîme au contact de l'autre, 64
Les écorchés du verbe, 66
Retouche-moi jusqu'à l'impersonnalité, 68
Le crépuscule d'une personne, 71

III - La rencontre amoureuse : une naissance intime. L'arc de Kim Ki-duk

Séquestration intime, 75
La négativité d'un bain musical, 78
Du rapt d'enfant à la capture amoureuse, 79
Un miroir sonore mélodieux, 83
Une suture factice, 85
Des images mortes aux prises des amoureux-artistes, 87
S'arracher un bâillon psychique, 91
Une saisisseuse, 95
La perforation d'un hymen cérébral, 98

IV - Désincarnations : Samaria de Kim Ki-duk

Le stade du virtuel d'un avatar sans personne, 103
Le fétichiste et sa vierge virtuelle, 106
De l'avatar à l'imago. De la webcam à la caméra cinématographique, 109
To live in a lie, 111
Le ravissement d'une crise de dépersonnalisation, 113
Cinéma d'une origine coagulée, 116
Sculpter le désincarnat d'une Peau-dépersonnalisation, 119
Une fracture de la pensée, 121
De la dyade narcissique à la dernière dyade, 123
Psychés de passe, 127
Jouir avec les yeux, 130
Dans les plis de Vasumitra, 133
La dépersonnalisation par contagion chromatique, 136

V - Dans les yeux de ta jumelle. Festen de Thomas Vinterberg

De son visage coule une encre noire, 141
Retour vers une géographie maltraitante, 144
Linda : une morte inaperçue, 146
La pupille était en sang, 149
Un œil désincarné, 151
Images d'une corporelle-incorporelle, 153
Partenaires du vide, 155
Jouer à l'agresseur, 158
L'écran du traumatisme, 161
Un sujet femme-homme, 165
Snut : un jumeau paraphrénique, 167
Un clivage intrapsychique, 171
Œuvrer la sépulture d'une victime de l'inceste, 173

VI - De Vénus à Lucrèce. Corps exhibés corps violés

L'exhibition de Vénus, 177
Un trouble de la mémoire visuelle, 180
Poïétique de l'inceste, 183
Hyménographie du traumatisme ou quand le cinéaste vagine son image, 184
En un battement de paupière, 188
Crever la matrice du nu féminin : un hymne à la dépersonnalisation, 192
Un vidage hémorragique, 195
La putain se figure encore vierge, 199
Si j'étais un garçon : une érection déjà filmée, 201
La fleur des inconscients, 203

VII - Conclusion

Une hémorragie du féminin, 205
D'une catastrophe à l'autre, 208
Le réveil du père mort, 216
La matrice gémellaire de la dépersonnalisation, 221
Un écran authentique, 226

VII - Bibliographie, 231

lundi 22 octobre 2018

Fabrice Bourlez : Queer psychanalyse. Clinique mineure et déconstructions du genre

Hermann - Octobre 2018


La visée des théories queer est éthique : rendre un plus grand nombre de vies vivables. À l’heure du triomphe des thérapies cognitivo-comportementalistes et des transformations profondes de la famille, les psychanalystes peuvent-ils se servir de ces avancées pour réinventer une clinique après l’Œdipe ? Poser cette question, c’est se demander en quoi et pourquoi le travail de Judith Butler, Eve Kosofsky Sedgwick, Paul B. Preciado et d’une multitude d’autres théoriciennes et théoriciens, dé-fait la psychanalyse. C’est s’offrir des pistes concrètes pour revenir sur des formules et des évidences cliniques parfois trop vite tenues pour acquises. C’est resituer la praxis analytique à la croisée de la théorie et du politique. En retour, c’est mettre les concepts des queer face à la tâche impossible qui anime l’analyste, les confronter au réel singulier qui prévaut dans chaque cure. Il ne s’agit donc pas de transformer la pratique en philosophie ou de faire des dé-constructions du genre une clinique, mais de démontrer l’utilité de l’une et l’acuité de l’autre pour rencontrer les minorités en tous genres.

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vendredi 19 octobre 2018

Laurie Laufer (dir.) : Lettres à Lacan

Thierry Marchaisse Editions - Novembre 2018


Où en est la psychanalyse aujourd'hui ? Ces lettres dessinent un état du champ freudien inséparable, pour le meilleur comme pour le pire, de « l'effet Lacan » et des retombées de son enseignement, en France autant qu'à l'étranger. Elles sont signées de psychanalystes (élèves ou détrac­teurs), dont des proches de la première heure, mais aussi de personnalités scientifiques ou artistiques venues d'autres horizons.
On peut y voir une forme inattendue de manifeste, une relance du gai savoir lacanien, qui s'autorisait toutes les formes de propos et d'arguments pro et contra, des plus loufoques aux plus sérieux, des plus littéraires aux plus théoriques.

LAURIE LAUFER est psychanalyste, professeure à l'Université Paris-Diderot et directrice du Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS).

AUTEURS : Jean ALLOUCH, Paul AUDI, Jorge BAInOS ORELLANA, Fethi BENSLAMA, Daniel BORRILLO, Danièle BRUN, Chloé DELAUME, Christian DUNKER, Éric FASSIN, Frédéric GROS, Lewis KlRSHNER, Etienne KLEIN, Gloria LEFF, Guy LE GAUFEY, Lucrèce LUCIANI, Paola MlELI, Bertrand OGILVIE, Anne ONIME, Barbara OSOROVITZ, Jacques ROUBAUD, Moustapha SAFOUAN, Jacques SÉDAT, Daniel SIBONY, Christian SiMATOS, Marie-Claude THOMAS, Alain VANIER, Catherine VANIER, Mayette VlLTARD, Anonyme.

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Sarah Chiche : Une histoire érotique de la psychanalyse. De la nourrice de Freud aux amants d'aujourd'hui

Payot - Octobre 2018


Sans les femmes, il n'y aurait pas de psychanalyse. Elles en sont le moteur dès le début, comme inspiratrices, mais aussi comme créatrices et théoriciennes. Tel est le fil rouge de ce livre qui raconte, en cinquante-trois histoires, du temps de Freud à nos jours, la relation de la psychanalyse - et donc la nôtre - au sexe, à l'amour et à la liberté. Comment se réinventer après un chagrin d'amour, comme le fit Anna O. ? Que faire quand, comme Anna Freud, nos parents ne comprennent rien à notre orientation sexuelle ? En quoi la vie de Lou Andreas-Salomé nous indique ce qu'est l'indépendance affective ? Comment réagir quand, comme Sabina Spielrein, la jalousie nous décompose ? Pourquoi acceptons-nous parfois que la personne qu'on aime en aime une autre sans cesser pourtant de nous aimer, comme le firent Virginia Woolf et les membres du groupe de Bloomsbury ? Peut-on rester sur le divan de la personne avec qui l'on vit une histoire d'amour, comme le fit Catherine Mulot avec Jacques Lacan ? Et plus largement, la psychanalyse peut-elle encore nous aider, aujourd'hui, dans notre vie amoureuse et sexuelle ?

Sarah Chiche est écrivain, psychologue clinicienne et psychanalyste.

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Jean-Bernard Paturet : La passion aporétique de Sigmund Freud, suivi de A propos d'un labsus de Freud sur le Moïse de Michel-Ange

Lambert Lucat - Juillet 2018


L'épistémologie freudienne dévoile tout au long de l'oeuvre du père de la psychanalyse une aporie entre déterminisme et causalisme d'une part, choix de destinée d'autre part. Freud est conduit, pour la reconnaissance scientifique de sa discipline, à s'inscrire dans les sciences de la nature (Naturwissenschaften) de son époque tandis que sa pratique clinique l'amène chaque jour à déceler la responsabilité de chacun dans son histoire personnelle et l'engagement dans la vie. De la figure du Grand Homme qu'est Moïse, Freud met à mal la toute puissance. Dans Le Moïse de Michel-Ange, un lapsus surgit à l'évidence : la sculpture du pape Jules n'est pas étudiée par le Viennois alors que lui aussi est tombé de son piédestal et déchu de son pouvoir absolu.

Jean-Bernard Paturet est professeur des universités, directeur du département de psychanalyse de l'Université de Montpellier. Développant une lecture psychanalytique des phénomènes sociaux, il s'interroge sur les tragédies du siècle passé et du nôtre, sur la perpétuation d'une culture de soumission (D'une soumission l'autre, Cerf, 2013) et sur l'apparition d'une culture de l'extermination ("Au-delà" de Freud. Une culture de l'extermination, Cerf, 2009) dont la plus contemporaine et la plus horrifiante s'exprime dans le terrorisme islamique et ses fantasmes de reconstruction de l'ancien Califat (Cave Califatum ! Le Califat, un nouveau grand récit totalisant suivi de Le Territoire et l'im-monde, Lambert-Lucas, 2017).

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