vendredi 28 février 2020

Julia Kristeva et Marie-Rose Moro : Grandir c'est croire

Bayard - Février 2020


Marie Rose Moro et Julia Kristeva proposent, en coécrivant ce livre, une réflexion sur un sujet encore peu pensé : le besoin de croire.
Les deux auteures affirment que La question du besoin de croire éclaire et nourrit la crise sociale que nous traversons aujourd'hui. Resté en suspens depuis 1968, ce phénomène social profond a été ranimé par le retour des religions. L'islam, pour différentes raisons, a réveillé cette question qui sommeillait.
Aujourd'hui, il nous faut comprendre la radicalisation, l'interpréter, pour établir un dialogue avec les jeunes qui « choisissent » cette option, et leur montrer qu'il existe d'autres chemins pour exprimer ou sublimer ce besoin de croire.
Si « liberté, égalité, fraternité » ne sont que des mots, s'ils ne sont pas soutenus par un récit, par des personnes qui les incarnent, par des expériences, qui amènent à trouver une place dans la société, alors ces mots sont morts et il reste un état de mal-être. C'est pourquoi nous pouvons dire que la crise sociale que nous vivons aujourd'hui est la manifestation même du besoin de croire. Les auteurs militent donc pour un accompagnement social, éthique, de la jeunesse, indispensable pour éviter l'extrémisme.

Julia Kristeva, née en Bulgarie, travaille et vit en France depuis 1966. Linguiste, psychanalyste et écrivain, elle est l'auteur de nombreux essais et romans traduits et étudiés dans le monde entier. Professeur à l'Institut universitaire de France et à l'université Paris 7-Denis Diderot, elle enseigne également aux États-Unis et au Canada, et régulièrement à la New School for Social Research (New York). Julia Kristeva a reçu en 2004 le prestigieux prix Holberg pour l'ensemble de son oeuvre, et le prix Hannah Arendt en 2006.
Marie Rose Moro est pédopsychiatre, psychanalyste. Elle dirige la Maison de Solenn-Maison des adolescents de Cochin. Chef de file de l'ethnopsychanalyse, elle enseigne aussi la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université de la Sorbonne. Elle a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels : Nos enfants demain. Pour une société multiculturelle (Odile Jacob, 2010) et aux éditions Bayard, Les ados expliqués à leurs parents: 5000 ventes (2010) et Enfants de l'immigration, une chance pour l'école (2012). Précédent ouvrage paru chez Bayard : Osons être parents (2016) 2 500 ventes.

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jeudi 27 février 2020

Virginie Megglé : Le harcèlement émotionnel. S'aimer sans s'étouffer

Eyrolles - Février 2020 - Comprendre & Agir


Plus d’attention, d’écoute, de protection, d’amour… Il arrive qu’un proche – conjoint, parent, enfant, ami – en demande trop. Nous avons beau donner toujours plus, ses émotions nous tyrannisent et prennent le pas sur la complicité et la joie. L’amour et l’affection sont réels, mais nous nous épuisons dans une relation étouffante, dans laquelle nous ne distinguons plus ce qui nous fait souffrir de ce qui fait souffrir l’autre.
Pourquoi l’émotivité de la personne aimée devient-elle harcelante ? À quoi est dû ce sentiment de confusion face à elle ? Faut-il se détacher pour se protéger ? Comment vivra cette partie de soi que seul l’autre reconnaît ?
La psychanalyste Virginie Megglé nous éclaire sur les liens fusionnels qui renvoient à la dépendance des premiers jours, celle du petit enfant vis-à-vis de sa mère. Elle nous explique comment nous affranchir du harcèlement émotionnel, pour retrouver notre intégrité et aimer librement l’autre.

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mardi 25 février 2020

Christophe Loison : Dialogue de sourds. Les psychoses et les Institutions

Champ social Editions - Février 2020


Cet ouvrage n'est pas un livre de plus sur la théorie psychanalytique des psychoses. L'érudit ou le spécialiste n'y apprendra pas grand-chose. Il n'est pas fait pour emmener le lecteur vers des considérations techniques de haut niveau, mais pour attirer l'attention sur ce qui est exploitable dans la théorie psychanalytique concernant les psychoses pour rendre compte en termes simples et concentrés du ou des points de vue développés par la psychanalyse, pour en faire ressortir les aspects éthiques et pratiques, utilisables dans le quotidien et en institution. Il propose d'adopter un cadre adapté à la souffrance de la personne psychotique et non, comme on le rencontre majoritairement, d'adapter le psychotique à un cadre qui représenterait une certaine normalité. Ce travail est donc une vulgarisation qui espère ne pas être réductrice, et qui tend à rendre compte de ce qui peut se passer dans l'être du psychotique et de la façon dont il répond (ou non) aux sollicitations extérieures.

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dimanche 23 février 2020

Surgence n°18 : Le Witz

Libre association freudienne - Février 2020


D’où est venu à S. Freud ce désir de concevoir très sérieusement Le Witz dans sa relation avec l’inconscient ? L’après-coup qui nous a conduit à délaisser l’intitulé de ces journées « Faire Witz » tient au titre même de l’oeuvre freudienne « Le Witz », séduisant par son urgence, mais porteur d’un paradoxe fondateur…
Ce désir lui est sans doute venu d’une « autre scène », directement impliquée dans ce « mot d’esprit », qui n’était avant lui que « bel esprit », pour devenir une formation de l’inconscient au même titre que le rêve ou l’acte manqué. En effet, on dit « faire un mot d’esprit », mais l’intentionnalité latente et l’anticipation supposée du transitif « faire » sont incompatibles avec la surprise et la fulgurance du Witz freudien. On ne « fait » pas un Witz, il « se fait » à l’insu de qui l’énonce, et à l’adresse de qui veut bien l’entendre.
Il s’origine donc dans un lieu « Autre », qui justifie ici pleinement sa définition lacanienne de « trésor du signifiant » ; dont le trait traverse un locuteur/passeur, surpris par l’effet qu’il suscite chez un auditeur que « l’inouï » de la trouvaille articulée peut – par le gain rieur du non-sens soulevé mis en jeu par un tiers –, stupéfier et illuminer.
Pour Lacan, le grand Autre dit : « Ceci est le trait d’esprit ». Par la métaphore de la flèche qu’il évoque, il spécifie la vitesse et la précision de ce qui arrive, au bon moment et au bon endroit, et nous met dans le rapport le plus direct avec l’inconscient freudien.
Ce que Lacan authentifie, pour sa part, cinquante ans plus tard : « C’est ainsi que j’ai fait bailler trois mois, à en décrocher le lustre dont je croyais l’avoir une fois pour toutes éclairé, mon auditoire, à lui démontrer dans le Witz de Freud l’articulation même de l’inconscient ». Witz dont traite abondamment Lacan dans son séminaire 1957-58, livre V, Les formations de l’inconscient.

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samedi 22 février 2020

Le Divan familial 2019/2 (N° 43) : Tyrannie de la norme ?

In Press- Janvier 2020


La norme n’est-elle pas implicitement vouée à exercer une tyrannie ? Quel est le sens de la norme en psychanalyse familiale ?
Moyenne statistique, modèle idéal dont il ne faut s’éloigner sous peine d’anormalité, la norme peut aussi s’entendre comme génératrice de règles de pensée et de comportement. Demandant une sujétion à ce qu’elle édicte, n’est-elle pas implicitement vouée à exercer une tyrannie ?
Ce numéro interroge le sens de la norme en psychanalyse familiale. Quel rôle la famille joue-t-elle dans la création et la transmission de ses propres normes, proches du surmoi familial, de l’idéologie familiale, des mythes familiaux ? Intervient-elle dans la transmission des normes contextuelles et sociales ? Si l’excès qualitatif ou quantitatif des normes conduit à la tyrannie, leur disparition ou leur renouvellement peut aussi se profiler… avec des effets pathogènes. Des questions similaires se posent au sein des institutions de soin, des groupes de formation.

Françoise Aubertel, Rosa Caron, Elisabeth Darchis, Chantal Diamante, Alain Ducousso-Lacaze, Alberto Eiguier, Emigliu Filidori, Catherine Gianese-Madelaine, Laurence Knera, Alain Lafage, Bruno Le Clef, Anne Loncan, Véronique Lopez-Minotti, Daniela Lucarelli, Martine Mercier, Safia Metidji, Gérard Mével, Catherine Pfister, Ouriel Rosenblm, Jean-Louis Sourgen, Eva Roy et Nicole Taliana.

Page 9 à 12 : Françoise Aubertel - Introduction | Page 13 à 24 : Chantal Diamante - Être ou devoir être | Page 25 à 37 : Jean-Louis Sourgen - Normes, règles et emprise dans la famille | Page 39 à 51 : Alberto Eiguer - La famille tyrannique et le maître ès normes | Page 53 à 64 : Laurence Knéra-Renaud - Démasquer la norme | Page 65 à 81 : Élisabeth Darchis - Entre idéaux familiaux et sirènes du djihad | Page 83 à 93 : Catherine Gianèse-Madelaine - La clinique à l’épreuve des nouvelles normes | Page 95 à 107 : Emigliu Filidori - Paternités affiliatives | Page 109 à 120 : Bruno Le Clef - L’être père : de la norme et de l’organisation du sexuel infantile familial | Page 121 à 131 : Ouriel Rosenblum - Entre normes et subversion, nombreux sont les chemins de traverse | Page 133 à 145 : Anne Loncan - Propositions éthiques pour la formation à la thérapie familiale psychanalytique | Page 147 à 157 : Alain Lafage - Normes institutionnelles, normes du superviseur | Page 159 à 174 : Nicole Taliana - Institution : pratiques normées, pensée réifiée ? | Page 175 à 190 : Gérard Mével - Normalisation ou l’agonie du printemps de Prague | Page 191 à 206 : Safia Metidji, Rosa Caron - De l’interdit de savoir à l’interdit d’être | Page 207 à 219 : Eva Roy, Alain Ducousso-Lacaze - Lien gémellaire et rapport au double | Page 221 à 236 : Daniela Lucarelli - Réflexions à partir de L’Ombre d’un doute | Page 237 à 242 : - Notes de lecture | Page 243 à 245 : Martine Mercier - À propos d’un film.

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vendredi 21 février 2020

Les Actes des 50 ans du Quatrième Groupe : Destin d'un idéal

In Press - Février 2020


Pour son cinquantième anniversaire, le Quatrième Groupe se penche sur son identité et les principes qu'il porte. A-t-il atteint l'idéal qui avait porté sa fondation ? Quel nouveau destin pour les années à venir ? Repenser la transmission de la psychanalyse - tel est l'objectif que s'était donné le Quatrième Groupe au moment de sa fondation. C'est une nouvelle organisation psychanalytique qui naît, en 1969, d'un désaccord avec les méthodes de formation favorisées par Lacan. Il s'agit dans cet ouvrage d'établir un état des lieux de l'organisation aujourd'hui. Qu'a-t-elle réussi à transmettre au cours de ces 50 dernières années ? L'enjeu est également d'envisager le futur du Quatrième Groupe. Le destin qu'il s'était donné est-il viable dans notre monde actuel ? Doit-il être remanié, transformé ? Quel avenir pour la psychanalyse, retrouve-t-elle son aspect subversif ? Ce questionnement tient compte de la génération suivante, celle qui se forme à présent et celle à venir. Au fil du temps, l'identité du Quatrième Groupe risque-t-elle de n'être plus tout à fait la même qu'au moment de sa fondation. Qu'est-il devenu depuis sa genèse ? Que veut-il devenir ?

Jean-Jacques Barreau est psychiatre, psychanalyste et membre du Quatrième Groupe. Evelyne Gosse Oudard est psychologue clinicienne et psychanalyste, membre du Quatrième Groupe. Pascal Herlem, psychanalyste, diplômé de psychopathologie clinique, Pascal Herlem a suivi les séminaires de Piera Aulagnier et de Lacan. Il est membre du Quatrième Groupe. Eric Julliand, Sylvie Cognet, Gerassimos Stephanatos, Claire Michelon, Sophie de Mijolla-Mellor, Janine Filloux, Bernard Defrenet, François Dosse, Michelle Moreau Ricaud, Marie Aguera, Ghyslain Lévy, Géraldine Moulin, Monique Mioni, Olivier Paccoud, Jean-François Chiantaretto, Gérard Bazalgette, Nathalène Isnard Davezac, Brigitte Dolle-Monglond, Denys Ribas, Jean-Claude Rolland, Patrick Guyomard, Jean-Jacques Barreau.

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jeudi 20 février 2020

Louis Crocq : Névroses et névrosés fin de siècle (1880-1900)

Imago - Février 2020


Histoire sociale et psychiatrie Dans les décennies 1880 1900 au coeur d'un paysage bouleversé par le progrès industriel, un pessimisme qualifié de « fin de siècle » domine les esprits Cette tendance dépressive mêle amertume de la défaite de 1870 abandon des idéaux, impression d'être frappé par la dégénérescence C'est à cette même époque que la psychiatrie avec Charcot et Janet étudie l'hystérie et la neurasthénie, tandis que des ouvrages de vulgarisation et la grande presse offrent ces dérèglements en miroir à un public avide de s'y reconnaître Bref, la névrose est à la mode... Des écrivains comme Huysmans, Maupassant, Mallarmé projettent leur propre mal être dans leurs oeuvres D'autres réagissent par la contestation ( Rachilde) ou le saphisme (Nathalie Barney), et d'autres encore par la pratique de l'occultisme (Rémy de Gourmont). Les grands de ce monde telles les impératrices d'Autriche et de Russie ne sont pas à l'abri de la fragilité nerveuse, imités en cela par une partie de l'aristocratie française (Robert de Montesquiou), les courtisanes du demi monde (Liane de Pougy et Emilienne d'Alençon), les comédiennes (Sarah Bernhardt) et les chansonniers des cabarets (« Le Chat noir »). Dans cet ouvrage, Louis Crocq, portant un regard de psychiatre sur cette mentalité crépusculaire, relie ainsi, de façon inédite, la peinture sociale à l'histoire des névroses, à la veille de la Belle Epoque.

Louis CROCQ est psychiatre et professeur honoraire en psychologie pathologique. Il a publié de nombreux ouvrages sur le stress et le traumatisme psychique (chez Odile Jacob) et a fondé les CUMP (Cellules d'Urgence Médico Psychologique).

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