mardi 26 juillet 2016

Patricia Gherovici : Lacan dans le ghetto. Psychanalyser le "syndrome portoricain"

Editions Le Bord de l'eau - Juillet 2016 - Psychanalyse, sciences sociales et politique


Patricia Gherovici, psychanalyste formée en Argentine, propose dans cet ouvrage de mettre en question les politiques d'exclusion pratiquées à l'encontre des minorités hispaniques aux Etats-Unis. La notion de "syndrome portoricain", datant de la guerre de Corée, permet de mettre en parallèle l'hystérie classique telle que Charcot et Freud la décrivent et la résistance des marginalisés aux idéologies postcoloniales. L'auteur fait ainsi partager son expérience de praticienne dans le ghetto hispanique de Philadelphie en de multiples tableaux. Lacan dans le ghetto relate une double transformation, celle de l'Amérique s'ouvrant à une minorité qui excède les divisions de race et de couleur et sera bientôt en position majoritaire, et celle de la psychanalyse forcée de se confronter à la pauvreté, au malaise social et aux retombées du colonialisme et des guerres impériales. C'est la psychanalyse elle-même qui se trouve réinventée dans le ghetto.

Patricia Gherovici exerce la psychanalyse à Philadelphie et à New York. Elle est aussi l'auteur de Please Select Your Gender : From the Invention of Hysteria to the Democratizing of Transgenderism (2010) et Psychoanalysis Needs a Sex Change : Lacanian Approaches to Sexual and Social Difference (2015).

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vendredi 24 juin 2016

Eric Laurent : L'envers de la biopolitique. Une écriture pour la jouissance

Navarin - Mai 2016


La biopolitique asservit les corps à coups d’images et de slogans. Mais le corps échappe toujours aux identifications prêtes-à-porter. La jouissance le déborde, le surprend, le « traumatise ». La psychanalyse accueille ce corps, en tant qu’il parle de ce trauma.
Le dernier enseignement de Lacan, tel que Jacques-Alain Miller l’éclaire, aborde la jouissance à rebours des mirages de l’hédonisme. Dans l’expérience d’une analyse, on part du symptôme qui fait souffrir. On tend à le réduire par son sens, son histoire, sa logique. Il peut alors s’écrire autrement, produire des effets de création, artistiques ou non. Ainsi, Lacan lit Joyce, en conçoit une langue apte à loger la jouissance et en montre la logique.
Une fois situées l’impasse du conformisme et son ombre de ségrégation, reste à supporter le corps que l’on a et à faire valoir cet avoir premier qui surmonte l’être, ses sortilèges et les derniers prestiges du père.

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jeudi 23 juin 2016

Jacques Press et Irène Nigolian (dirs.) : Corps parlant, corps parlé, corps muet. Voies nouvelles en psychosomatique

In Press - Juin 2016 -  Perspectives Psychosomatiques


Quel lien y a-t-il entre les maux somatiques et les mots "pour le dire" ? Cette question a, dès l'origine, préoccupé les analystes intéressés par la psychosomatique. Selon un premier point de vue, les mots "diraient" le contenu caché dans le symptôme somatique. C'est le cas du symptôme hystérique avec sa valeur symbolique. Certains vont plus loin, comme Joyce Mac Dougall, et affirment que le symptôme somatique exprime bien un conflit. D'autres, au contraire (les fondateurs de l'Ecole psychosomatique de Paris), ont dénié toute signification symbolique à la maladie somatique. Pour eux, le symptôme somatique est "bête", c'est-à-dire qu'il n'est pas l'expression signifiante d'un conflit psychique et qu'il est associé à une désorganisation du fonctionnement mental : ici, le corps symbolique est muet et la maladie somatique apparaît, sur ce fond de silence, comme un bruit dépourvu de sens. Cet ouvrage, en faisant dialoguer des auteurs de différentes approches, permet de sortir de l'antagonisme apparemment irréductible entre ces deux positions. Les auteurs défendent une position intéressante et médiane : selon eux, il existerait des formes proto-symboliques d'expression d'un corps d'avant le langage et tout le travail consisterait à favoriser leur déploiement. Ainsi, un corps apparemment muet pourrait tout à fait " apprendre " à parler. Dans cette perspective, le rôle de l'objet - de l'analyste, dans nos traitements - serait central pour permettre aux processus de transformation d'advenir.

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jeudi 16 juin 2016

Eric Bidaud : Psychanalyse et Pornographie

La Musardine - Juin 2016 - Collection : L'attrape-corps


À rebours d'un discours médiatisé qui a tendance à déplorer la visibilité croissante de la pornographie, cet ouvrage se propose de la considérer de façon tout à fait novatrice comme un fait dont la psychanalyse reçoit les discours à la place qui est la sienne dans les cures mais aussi hors les murs. Loin des paniques morales qui s'emparent souvent des " psys " des médias, Éric Bidaud choisit d'examiner la pornographie comme une forme culturelle, dans l'ordinaire des évolutions adolescentes et dans ses rapports avec l'amour : le porno est une donnée de la sexualité aujourd'hui, non pas uniquement comme source de l'excitation sexuelle dans le champ du voir, mais aussi comme un lieu de savoir, de " voir ça ". Au-delà de prises de position souvent normatives, la pornographie est un nouveau champ auquel se confronte actuellement la psychanalyse, qui lui permet de se penser et de ne pas cesser de s'inventer. 

Éric BIDAUD est maître de conférences en psychopathologie clinique à l'université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, psychologue clinicien, psychanalyste, membre de l'association " Espace analytique ". Il exerce depuis de nombreuses années dans le champ de la clinique de l'adolescent et de l'adulte. Il travaille à faire dialoguer la psychanalyse avec les mots et les objets de notre modernité : le sexe, le porno, internet. Derniers ouvrages parus : Il n'y a plus de honte dans la culture (Penta, 2010) ; Recherches de visages. Une actualité de la psychanalyse (Hermann, 2014). 
Laurie LAUFER, qui signe la préface du livre, est, professeure de psychopathologie clinique à l'université Paris Diderot, psychanalyste, auteure de nombreuses publications dont L'énigme du deuil (Puf, 2006), Qu'est-ce que le genre ? (Payot, 2014, avec F. Rochefort).

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Olivier Douville (dir.) : Guerres et traumas

Dunod- Juin 2016 - Inconscient et Culture


De la Première Guerre mondiale aux guerres d’indépendance, les conflits successifs du XXe siècle ont amené les psychanalystes à se pencher sur les soins à apporter aux patients traumatisés.
Les réponses ont évolué depuis Freud et ses élèves, avec, entre autres, les travaux d’un Fanon qui repensa les conditions de la psychothérapie institutionnelle dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, tout en proposant sa propre version des traumas de guerre là où le politique fait effraction dans l’intime. Les services de psychologie des armées proposent des modèles précis de prévention des risques psychiques et de prise en charge des traumas de guerre.
Les conflits actuels – enfants-soldats en Afrique, guerre civile en Colombie, conflits au Moyen-Orient… jusqu’à la radicalisation des jeunes djihadistes – nécessitent des structures d’accueil et de soin psychique spécifiques.
Cet ouvrage propose ainsi une exploration des incidences des nouvelles formes de conflits – guerre larvée, guerre civile, radicalisation armée – et des dispositifs cliniques mis en place à l’épreuve de ces guerres modernes sur les subjectivités.

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L'en-je lacanien 2016/1 - n° 26 : Les fins d'analyse

Erès - Juin 2016


Il ne va pas de soi de l’analyse ait une fin. Freud a posé le problème de l’analyse interminable. Le déchiffrage de l’inconscient peut en effet être sans fin, sans principe d’arrêt. Lacan a néanmoins pensé l’analyse comme pouvant prendre fin, avoir un terme, une issue. Il a également pensé cette fin par rapport à la passe, comme moment du passage à l’analyste. Mais il y a eu des bougés dans cette conception lacanienne de la passe et de la fin. Quelles sont les différentes façons, chez Lacan, de penser la fin de l’analyse ?

Avec la participation de Nathalie AOUSTIN, Michel BOUSSEYROUX, Isaure BOUSSEYROUX, Didier CASTANET, Sylviane CERNOIS, Monique DESORMEAUX, Xavier DOUMEN, François DUTRAIT, Dominique FINGERMANN, Anne FOURCADE-JOURDAIN, Luis IZCOVICH, Marie-José LATOUR, Serge LAZARO, Pascale LERAY, Dominique MARIN, Albert NGUYEN, Éliane PAMART, Jacqueline PATOUET, Marc STRAUSS, Axel TUFFERY, Véronique VIALADE MARIN

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jeudi 9 juin 2016

Patrick Chemla (dir.) : Transmettre. Psychiatrie, psychanalyse, psychothérapie institutionnelle

Erès - Juin 2016


Une réflexion collective sur les enjeux cliniques et politiques du transmettre en psychiatrie. La haine de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle, la haine de l'inconscient font rage et engendrent des campagnes qui affolent l'opinion par le biais de calomnies qui tournent sur Internet et dans de nombreux médias. Le récent plan Autisme en est un symptôme politique accablant. Comment en sommes-nous arrivés là ? L'association La Criée reprend à bras le corps un de ses motifs fondateurs dans un mouvement de mise au travail du Collectif.

Patrick Chemla est psychiatre, psychanalyste à Reims, La Criée. Il a dirigé de nombreux ouvrages aux éditions Erès.

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