lundi 24 juin 2019

Jean Allouch : Nouvelles remarques sur le passage à l’acte

EPEL - Juin 2019


« Passage à l’acte » est désormais d’un usage si courant que l’on ne sait plus trop de quoi il s’agit – si ce n’est un geste tout à la fois violent et réprouvé. Violent aux yeux de qui ? Réprouvé par qui ? 
On reprend ici le problème au plus près en envisageant plusieurs affaires dont le foyer incandescent est reconnu avoir été un passage à l’acte : le geste djihadiste, celui de Louis Althusser meurtrier d’Hélène Rytman et celui de Claire Lannes, héroïne de L’Amante anglaise, dont la figure fut conçue par Marguerite Duras en prenant ses marques dans un fait divers.
Plus inattendue sans doute apparaîtra l’incidence du « passage à l’acte éclairé » au cœur même de l’expérience analytique, notamment en son commencement et sa fin.

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dimanche 23 juin 2019

Simon Canat : Face au harcèlement, une éthique de la parole

Les Contemporains favoris - Juin 2019


Le harcèlement nous apparaît comme un mal contemporain, voire comme un mal du siècle. De l'école jusqu'à la politique, en passant par le bureau, le phénomène s'est banalisé et semble atteindre toutes les strates de la société. Nous voyons naître des maux, des maladies, des violences, qui n'existaient pas auparavant y compris de nouvelles formes d'esclavagisme. Nous faisons l'hypothèse que le harcèlement non seulement en fait partie, mais qu'il en résume l'esprit. Il est devenu l'autre nom du Pouvoir et le Pouvoir le sait bien. D'un autre côté, si le harcèlement est partout, il n'est nulle part. Or s'il est important de nommer le mal, pour le dénoncer, il n'est pas moins requis de l'imputer à des sujets, pour tenter de les traiter. Le fait est que nous avons affaire à des actes singuliers, impliquant des individus dotés d'une structure psychique particulière, que nous n'hésiterons pas à caractériser comme perverse. Où certes le rapport à la loi est biaisé, mais où la prééminence de la chose sexuelle est non moins patente. Quiconque ne voit pas le motif systématiquement sexuel, explicitement sexiste, de tout acte de harcèlement, assurément ne voit rien. Un acte qui est de parole. C est là l'autre point essentiel : le harcèlement dit « moral » est un phénomène essentiellement verbal. C'est pourquoi, spécifiquement, il s'agirait de réfléchir à un usage éthique de la parole pour contrer cet usage vicié du langage qu'est, selon nous, le harcèlement. Que faire au mieux face au harcèlement ? Comment y répondre ? C'est donc bien la dimension du langage, plus précisément de la parole, qu'il convient de pointer. Que dire, comment dire, comment ne pas laisser dire ?

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samedi 22 juin 2019

Le Coq-héron 2019/2 (N° 237) : Aux sources de la psychanalyse actuelle, à Florence avec Sándor Ferenczi

Erès - Juin 2019


Ce numéro donne la parole aux plus grands spécialistes mondiaux actuels des idées de S, Ferenczi, autour des thématiques qui lui étaient chères, telles , la sincérité " au coeur de la compréhension du discours psychanalytique d'aujourd'hui (A . Haynal) " , l'authenticité de l'analyste, sans laquelle la cure n'est que répétition du trauma. Sándor Ferenczi a su " anticiper la technique psychanalytique contemporaine fondée sur le transfert, sur le contretransfert et sur la relation mutuelle entre patient et analyste " (F. Borgogno), et interroger la responsabilité de l'analyste tout au long du chemin semé d'embûches emprunté par le couple formé par le patient et son analyste durant la cure. Les auteurs remontent ici aux sources des explorations cliniques, révolutionnaires pour leur temps, du plus proche collaborateur de S. Freud, en mettant en évidence sa résolution , sa témérité et la justesse de ses intuitions qui ont ensemencé la pensée et la clinique psychanalytiques contemporaines .

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vendredi 21 juin 2019

Jean-Marie Vidament : La philosophie d’Alain Juranville - Un hégélianisme de l’inconscient

Les Contemporains favoris - Juin 2019 - Collection bleue/essais


Nous pensons que Juranville a eu une bonne idée. Et que de cette bonne idée sont nées beaucoup de bonnes idées, jusqu'à produire une œuvre aux dimensions hors-normes.
En effet ce que nous nous apprêtons à présenter ici est un vaste système, en réalité infini dans son déploiement possible, développé depuis une vingtaine d'année au travers d'une dizaine de livres. Comme tout vrai système il est sans entrée ni sans sortie, et tout y fait entrée, la difficulté étant que tout y est aussi essentiel. Chaque terme (concept) est la clé de voûte qui soutient l'ensemble. Mais qui supporte encore aujourd'hui les systèmes, cathédrales arrogantes trouant les ciels bas de nos temps crépusculaires ?
La philosophie est au sujet social ce que la psychanalyse est au sujet individuel. Toute l’œuvre de Juranville peut commencer à se lire depuis cette thèse. Comme A. Juranville le rappelle dans sa préface, la philosophie est avant tout « discours qui fait acte dans l’histoire universelle, comme la psychanalyse le fait dans l’histoire individuelle. Acte contre la répétition, désolante, de ce que Freud a appelé la pulsion de mort ». Ainsi, de même que l’analysant trouve la paix en reconstituant son histoire et en la formulant dans un récit, de même l’humanité peut reconstituer son histoire et en produire le récit achevé, où se dépose le savoir de son existence. Il est temps que la philosophie s’appuyant sur la psychanalyse, affirmant non seulement l’existence et son savoir mais aussi l’inconscient (soit notre identité vraie), réaffirme clairement son ambition : introduire à une société juste laissant toute sa place à l’individu.
Ce livre essaie donc d'approcher les choses pas à pas, de manière souvent intuitive et personnelle, et nous entraîne ainsi au cœur du vertigineux système juranvillien.

Jean-Marie Vidament a étudié la philosophie à Rennes. Il est aujourd'hui psychanalyste et directeur d'un centre de formation spécialisé dans l'éthique des soins psychiatriques.

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jeudi 20 juin 2019

Topique 2019/1 (n° 145) : L'art face au pouvoir

L'esprit du temps - Juin 2019


Le Pouvoir, émergent ou constitué, peut détruire l’Art lorsqu’il s’écarte de l’idéologie dominante. Les exemples ne manquent pas depuis les livres jetés au bucher dans l’Allemagne nazie, aux Bouddhas fracassés en Afgha- nistan, à Palmyre saccagée ... La destruction fanatique porte en elle la rage amère et envieuse qui décrète comme diabolique ce qu’elle ne peut dominer mais, même brisée, l’œuvre d’art demeure et renaît de ses éclats.
Ces destructions, s’argumentant entre autres de la condamnation des joies impures, montrent cependant que l’art et la culture peuvent être jugés suffisamment dangereux et insupportables pour qu’il faille les dé- truire.
Au-delà de la question de la violence destructrice de l’œuvre d’art qui constitue l’acmé d’une crise, on s’est aussi interrogé en amont dans ce numéro de Topique sur les relations entre l’Art et le Pouvoir.
Si l’art a en soi un pouvoir par l’émotion qu’engendre le Beau, il est tentant pour le Pouvoir en place de l’utiliser au profit de l’idéologie qu’il promeut. C’est pourquoi le même Pouvoir qui peut détruire certaines œuvres d’art ou empêcher leur production peut aussi enrégimenter l’art à son profit, l’inciter à exprimer un idéal précis comme par exemple la sculpture et l’architecture, parfois la peinture, chargées de démontrer la puissance du peuple et celle de l’État. En démocratie, c’est le mécénat qui va imposer des choix artistiques par le soutien apporté à tel artiste plutôt qu’à tel autre.
Mais à l’inverse l’art peut aussi être « engagé » dans la lutte contre le pouvoir et rencontrer le politique par le biais des convictions person- nelles de l’artiste qui vient ainsi apporter la force intrinsèque de son œuvre en soutenant des idées, un combat. Les chants patriotiques, les poèmes de la Résistance, vont mettre l’émotion esthétique au service d’un choix politique. Cette place complexe et parfois ambiguë de l’Art à l’égard du Pouvoir nous incite donc à réinterroger sur d’autres bases la question freudienne de la place salvatrice de la culture.

Page 5 : Sophie de Mijolla-Mellor - Éditorial | Page 7 à 16 : Sophie de Mijolla-Mellor - Se survivre par la culture | Page 17 à 23 : Dominique Fessaguet - L’insupportable volupté du Beau | Page 25 à 38 : Jean-Marie Brohm - Les musiques interdites. Le cas des États totalitaires : Union soviétique et Allemagne nazie | Page 39 à 52 : Jean-Michel Vives - Protéger contre quoi ? Prescriptions musicales et jouissance lyrique au sein de l’église catholique | Page 53 à 67 : Laetitia Petit - La musique juive dans l’univers concentrationnaire de Terezin | Page 69 à 82 : Patrick Martin-Mattera - Pouvoir(s) de l’art ? | Page 83 à 91 : Dina Germanos Besson - Le style carnavalesque : résistance au pouvoir dans le Liban contemporain | Page 93 à 108 : Brigitte Demeure - Art et propagande révolutionnaire : du peintre J.-L. David (1748-1825) à l’écrivain communiste E. Cabet (1788-1856) | Page 109 à 124 : Anne Vernet-Sévenier - Imprescriptibilité de la fuite | Page 125 à 140 : Fawzia Tazdaït - Oum, une voix qui porte... | Page 141 à 156 : Solange Carton - Du pouvoir royal au pouvoir colonisateur : la « civilisation » de l’art à Madagascar.

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mardi 18 juin 2019

L'en-je lacanien 2019/1 (n° 32) : Le fétiche et la lettre

Ersè - Août 2019


La lecture que fait Lacan du cas André Gide a renouvelé notre conception du fétiche dans la perversion, en l’articulant à la sublimation comme mise en équivalence de la lettre et du désir. Que nous apprend Madeleine Gide du trouage du fétiche comme gnomon de la vérité ?

Page 5 à 9 : Didier Castanet - La lettre et le fétiche | Page 11 à 25 : Michel Bousseyroux - Le cas Gide : un trou dans le fétiche | Page 27 à 35 : Anita Izcovich - Sade : la lettre et le fétiche noir | Page 37 à 58 : Dominique Marin - De la littérature à la lettre de l’inconscient | Page 59 à 74 : Jacqueline Patouet - Restif de la Bretonne « Chacun porte sa peau » | Page 75 à 88 : Claire Garson - L’hors-d’œuvre d’art, de Marcel Duchamp | Page 89 à 119 : Albert Nguyên - Mettre ses pas dans le padla-lettre… | Page 121 à 123 : Xavier Doumen - Tout est là | Page 125 à 139 : Didier Castanet - Avec Lacan… « ce que parler veut dire » | Page 141 à 160 : Bernard Nominé - De la contre-volonté et du pouvoir des contraires | Page 161 à 172 : Jacques Roussille - Du nuage au nØuage, sur les chemins du nœud… | Page 173 à 181 : Marc Strauss - Du 3 au 4 | Page 183 à 204 : Laurent Combres - Homo sacer, ou la reconquête de la vie par sa forme | Page 205 à 221 : Yvette Goldberger-Joselzon - Rencontre avec László Krasznahorkai | Page 223 à 232 : Marie-José Latour - Le labyrinthe de l’oubli | Page 233 à 236 : Nathalie Billiotte-Thieblemont - Mon voisin Picasso | Page 237 à 238 : Isaure Bousseyroux - À la nuit étoilée | Page 239 : Monique Désormeaux - À la manière de haïkus | Page 241 : Leïla El Allaly - En faire des mots | Page 242 : Leïla El Allaly - De sel | Page 243 : Anne Fourcade-Jourdain - Son des pas | Page 244 : Anne Fourcade-Jourdain - Lumière d’enfance | Page 245 : Anne Fourcade-Jourdain - Noir, blanc, gris | Page 246 : Anne Fourcade-Jourdain - Max en slip | Page 247 : Anne Fourcade-Jourdain - Vie d’homme | Page 249 à 250 : Axel Tufféry - Départ | Page 251 à 253 : Véronique Vialade Marin - Papier III.

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lundi 17 juin 2019

Le Carnet PSY 2019/5 (N° 226) : L'amour fou – 1ère partie

Editions Cazaubon - Juin 2019


Alors que vient de paraître le livre de Fred Vargas sur l’urgence de la révolution écologique désignant le capitalisme responsable du désastre, alors que la direction de France Telecom est mise en cause sur ses méthodes sauvages de « management », alors que les responsables de Monsanto sont pris la main dans le sac de leurs agissements manipulateurs sur les politiques, alors que Brigitte Chamak vient de publier un article sur le lobbying de certaines associations de parents, un printemps de la psychiatrie s’annonce enfin.
Il ne s’agit pas seulement de réclamer les moyens financiers d’une politique engagée en faveur des plus déshérités, nos frères en humanité, enfants et adultes, atteints de souffrances psychiques, bien plutôt d’accepter l’idée que la psychiatrie, branche de la médecine à l’égal des autres, a des spécificités qui, à trop vouloir les oublier, conduisent nos politiques à une démarche soi-disant rationnelle, mais sans l’âme dont elle a tant besoin.
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait déjà notre cher Rabelais. Mais aujourd’hui, nous pourrions dire : « Neuroscience sans confiance n’est que ruine de l’âme ». En effet, sous le prétexte de ses avancées considérables, il serait d’un coup devenu légitime de passer par pertes et profits les nécessités de la psychopathologie transférentielle. Nous savons bien que nous avons besoin des deux pour exercer une psychiatrie digne de ce nom. L’enjeu n’est pas de condamner la deuxième au seul profit de la première. Les neurosciences n’ont jamais aidé à penser l’organisation en secteur de la psychiatrie. Elles n’ont jamais aidé à penser le fonctionnement des groupes et des collectifs qui la pratiquent. Elles n’ont jamais aidé à penser la place de l’homme dans le monde. En revanche, elles sont prometteuses pour comprendre le fonctionnement complexe du cerveau, organe de l’interface moi-monde. Cessons d’imposer à un champ théorico-pratique les hypothèses d’un autre champ. Décidons nous enfin à permettre les articulations entre eux.
Alors les politiques œuvreront pour limiter l’ubris des capitalistes ensauvagés, les DRH de France Telecom et de Monsanto se formeront à la psychothérapie institutionnelle pour que leurs équipes fonctionnent humainement et éthiquement, et les associations engagées dans des pratiques de lobbying manipulateur accepteront enfin le débat démocratique. Voilà le printemps de la psychiatrie !

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