mardi 20 novembre 2012

La voix sur le divan : musique sacrée, opéra, techno

Jean-Michel Vives


Mai 2012 - Aubier - 22 €

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la voix sans jamais oser le demander à votre psychanalyste… Rarement la psychanalyse a abordé la question de la voix. Lorsqu’elle l’a fait, c’est surtout à partir du texte (livret d’opéra, poème de Lieder, etc.), réduisant les enjeux musicaux à celui du sens charrié par les mots. Une telle approche nie la spécifi cité de la musique et du chant qui se situent entre sens et jouissance.
Jean-Michel Vives étudie la matérialité du son, la spécificité technique de l’art vocal à travers l’histoire et l’analyse de trois pratiques artistiques : la musique religieuse et les castrats, l’opéra, la techno. Il s’intéresse moins au « sens » de la voix qu’au repérage de la place qu’occupe cet « obscur objet du désir » au sein de la dynamique psychique d’un sujet, d’un groupe, d’une société. Car la voix recèle une double vocation : elle est pacifiante mais peut aussi déchaîner les passions.
À travers des questions essentielles ou faussement futiles, il tente d’en dévoiler l’énigme : Pourquoi les adolescents préfèrent-ils écouter de la musique techno plutôt que leurs parents ? Pourquoi les castrats, qui avaient pour fonction de véhiculer la parole divine à l’Église, ont-ils été perçus comme obscènes à l’opéra ? Pourquoi la voix de Dieu est-elle inaudible ? Pourquoi déteste-t-on une chanteuse qui rate son aigu alors qu’on compatit au faux pas du danseur ? Pourquoi l’opéra est-il aujourd’hui devenu un genre de recréation ? Pourquoi l’amoureux de la musique est-il un mélomane et non un mélophile ? Qu’est-ce qui caractérise la voix des sirènes ? Pourquoi la plainte est-elle féminine ? Comment le sujet conquiert-il sa voix ?

mardi 6 novembre 2012

Le réveil. Une élucidation psychanalytique

Carolina Koretzky


 Octobre 2012 - Presses universitaires de Rennes - 18 €

Pourquoi suivre à la trace le concept de réveil chez Freud et Lacan ? Le réveil n’a pas souvent fait l’objet d’une étude systématisée et pourtant, il permet de poser un regard neuf sur certains concepts majeurs de la pratique psychanalytique : l’interprétation, l’identification, l’avènement du sujet de l’inconscient, le trauma, voire même, la fin de l’analyse. Le réveil en psychanalyse est lié, paradoxalement, au maintien d’une certaine zone d’opacité. Que la psychanalyse puisse « maintenir le règne de ce à quoi elle réveille » dépendra du pari fait par chaque analyste pour maintenir cet espace de l’ininterprétable.


Préface de Serge Cottet

La doctrine du réel dans le rêve dans l’œuvre de Freud

  • Première doctrine du rêve
  • Les incertaines limites entre le rêve et la veille
  • La problématique du réveil onirique. La doctrine du réel dans le rêve

De la valeur épistémologique du rêve pour la psychanalyse. Lire Freud avec Bachelard

  • De la valeur épistémologique du rêve

Modalités lacaniennes du réveil dans l’expérience clinique

  • Réveil et surprise : les surprises de l’interprétation
  • Réveil et éclair : apparition du sujet de l’inconscient
  • Réveil et identification : la dés-identification comme illumination
  • Réveil et angoisse
  • Réveil et trauma
  • Dernières thèses sur le réveil

samedi 20 octobre 2012

La France et Freud T.1 1946 - 1953

Alain de Mijolla


Octobre 2012 -PUF - 35 €

Histoire du mouvement psychanalytique au cours des années 1946-1953 : de la lente résurrection du mouvement psychanalytique français jusqu’à son explosion lors de la scission de la Société Psychanalytique de Paris en 1953.
Les sept années couvertes par ce volume sont caractérisées par la résurrection d’une psychanalyse bâillonnée pendant l’Occupation en France. Théorie et pratique psychanalytiques évoluent essentiellement grâce aux efforts des psychiatres pour libérer les asiles et à la faveur des pratiques cliniques américaines qui suivent la Libération. Parallèlement, la Société psychanalytique de Paris renaît en 1946 sous l’égide de Marie Bonaparte.
La brûlante question de la formation et de l’obtention du titre de « psychanalyste » se discute au nom d’un Freud souvent évanescent et remplacé par une notion plus vague : « la psychanalyse », violemment attaquée par le Parti communiste français et rejetée par l’Église catholique.
Durant cette période, Freud et son œuvre perdent en effet la place centrale qu’ils occupaient dans l’évolution du mouvement psychanalytique français, remplacés par les réseaux de psychanalystes, puis de sociétés qui s’organisent ou s’affrontent, mettant au premier plan leurs préoccupa-tions et leurs dissensions. Ainsi, de la scission de la Société psychanalytique de Paris naît la Société française de psychanalyse en 1953. De nouvelles figures apparaissent : Daniel Lagache, Sacha Nacht, Serge Lebovici, Evelyne Kestemberg, Françoise Dolto, Jean Laplanche et tant d’autres, dont celle de Jacques Lacan qui devient bientôt centrale.


jeudi 16 août 2012

Essaim N° 29 - Ce que l’on doit à lalangue

A paraître en Octobre 2012


Erès - 26,50 €

Lalangue vient de fêter ses quarante ans. Elle est née le 4 novembre 1971, lors d'une conférence de Jacques Lacan, à l'hôpital Sainte-Anne, portant sur le "Savoir du psychanalyste". Signifiant nouveau que Lacan n'hésite pas à introduire (c'est tout sauf un lapsus) alors qu'il porte en lui le germe, sinon d'une remise en cause, à tout le moins d'un profond remaniement de certains aspects de son enseignement. 
Durant les années suivantes, il n'aura de cesse de revenir sur ce terme, d'en préciser la définition, d'en cerner les rapports avec l'inconscient. En un mot (c'est le cas de le dire), Lalangue est la langue maternelle. Elle porte en elle les premiers témoignages des vocalises croisées du bébé et de sa mère. Elle est sonore et signifiante. Lalangue s'origine de la lallation, du chant (et aussi du champ) signifiant qui s'inaugure entre une mère et son enfant. 
L'homophonie y tient une place prépondérante dont l'analyste pourra plus tard user dans l'interprétation. Lalangue est une pierre nouvelle posée dans le jardin de sa linguisterie par Lacan, bain de jouvence de la langue en un débat vieux comme le Cratyle, entre arbitraire et iconicité du signe. Lalangue, comment en serait-il autrement, donne lieu à des commentaires variés chez les psychanalystes. Terre promise d'un réel à reconquérir dans la cure analytique, quintessence du symbolique dans sa dimension d'ouverture aux quatre vents du sens, leurs interprétations de la "nature" de Lalangue divergent. 
Essaim, avec ce numéro, donne la parole à la langue. 


vendredi 10 août 2012

LA PASSE À PLUS D’UN TITRE. La troisième proposition d’octobre de Jacques Lacan

José Attal


2012 - L'Une-bévue - 20 €

Un des grands intérêts du présent ouvrage tient en l'indication qu'en novembre 1973, il s'est passé quelque chose de particulièrement remarquable à l'endroit de la supposée transmissibilité de la psychanalyse, ce que José Attal ne recule pas à qualifier de « nouveau départ ». 
Les deux premières Propositions d'octobre 67 sur le psychanalyste de l'Ecole, qui étaient censées régler cette transmission, s'avèrent être antithétiques l'une l'autre, et apparaît, formulée en 1973, ce qu'il faut bien nommer héraclitéennement, une troisième Proposition d'octobre 67. Lacan n'hésite pas à s'autodéterritorialiser, les énoncés canoniques du lacanisme qui organisaient la Proposition d'octobre sont déplacés, subvertis, voire déclarés caduques sur de nombreux points, chaîne signifiante, temps logique, etc. et la formule « l'analyste ne s'autorise que de lui-même », jugée accablante, se transforme.
La passe devient un agencement de production mutante de subjectivité, à saisir diagrammatiquement, et la psychanalyse, déclarée intransmissible par Lacan, peut trouver les conditions de sa réinvention par chaque analyste. Il s’agit alors de penser dans des coordonnées différentes la question : « qu'est-ce que témoigner ? »

jeudi 2 août 2012

Empan n° 86, 2012/2 : L'inattendu du bonheur

Editions Erès



Qu'est-ce que le bonheur ? Est-il définissable ? Est-il assimilable au bien-être, à la qualité de vie, à la joie, à la bientraitance, à l'équilibre, à la méditation... ? Est-il un terme galvaudé au point de devenir une marchandise ? Faut-il d'ailleurs le qualifier ? Les processus émotionnels, la question de la temporalité se révèlent-ils au cœur de cette notion de bonheur ? Le bonheur suscite-t-il une déprise psychique et/ou physique ? Sublimation émotionnelle qui nous échappe et nous imprègne dans le même temps, situations proches du panthéisme, d'un absolu de soi, en soi, pour et avec l'autre... Comment accéder au bonheur, au moyen de quelle porte ? Ouverte par nous-mêmes ? Par l'autre ? Le bonheur, pour les professionnels des champs social, médico-social et de santé, est un concept saugrenu voire indécent (Vivons heureux, vivons cachés !). En quoi les services et les professionnels seraient-ils concernés ?

mercredi 1 août 2012

L'objet a. Approches de l'invention de Lacan

 Guy LE GAUFEY



Mars 2012 - EPEL - 21 €

L'objet a de Lacan est aussi célèbre qu'ignoré dans sa teneur. D'où vient-il ? Guy le Gaufey suit d'abord les conditions textuelles et conceptuelles de son émergence au fil des séminaires. Le mystère n'est pas pour autant levé.
Relique, zéro algébrique, point de fuite perspectif, objet de l'hypnose... sont appelés à la rescousse. Tel l'objet a, chacun participe d'un ordre qu'il subvertit, en bouleversant la consistance de l'ensemble où il opère. 
Cette stratégie indirecte tout à la fois respecte et éclaire l'impossibilité d'une définition canonique de cet objet que Lacan a pu présenter comme son invention