jeudi 19 octobre 2017

Bernard Lempert : Dans la maison de l'ogre. Quand la famille maltraite ses enfants

Le seuil - Octobre 2017


Engagé auprès d'enfants victimes de violences familiales à une époque où le mot même de maltraitance n'était pas reconnu dans le champ de la psychopathologie et où sa réalité était niée, le psychanalyste Bernard Lempert a contribué de façon considérable à la reconnaissance de la malfaisance de certains parents, contre le secret qui l'entourait et loin des mythes familialistes. Dans ce livre, il analyse avec une intelligence et une justesse remarquables la boucle où l'enfant victime, autre figure du bouc émissaire, est pris d'emblée : coupable dès sa naissance d'une faute imaginaire connue de ses seuls parents, il n'a d'autre issue que de payer pour elle, devenant leur serviteur (économique, psychologique ou sexuel), et intériorisant sa culpabilité insolvable jusqu'à adhérer au système de domination qui le maltraite, voire à le justifier en recourant à son tour à la violence – la boucle est bouclée.
Mené à partir d'une lecture profonde et subtile de la dramaturgie des contes, nourri d'anthropologie, ce livre intense est d'autant plus frappant qu'il est écrit avec la volonté de défaire le mécanisme de la violence, et d'avancer des contre-propositions libératrices pour tous les Peau d'Âne et Petit Poucet.

Bernard Lempert : Philosophe et psychanalyste, il a notamment publié, au Seuil : Le tueur sur un canapé jaune (2008) ; Critique de la pensée sacrificielle (2000) ; Désamour (1994).

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mercredi 18 octobre 2017

Stéphane Habib : Faire avec l'impossible. Pour une relance du politique

Hermann - Octobre 2017


Nous philosophons, psychanalysons et écrivons dans un monde. Il arrive qu'on l'oublie. On peut nommer politique l'inquiétude devant ce qui arrive dans le monde et au monde. À ce qui arrive au monde au nom du Califat, seul le politique peut faire réponse. Dans cette optique il s'agira de dégager le minimal du politique, en vue de sa relance. Apparaît alors une quasi synonymie entre psychanalyse et politique : l'une et l'autre ont en commun de faire avec l'impossible. Ni psychanalyse appliquée, ni psychanalyse du politique, mais penser avec la psychanalyse, s'en servir, faire travailler ses notions, parler ses langues, l'altérer aussi, la déplacer. Arendt nous apprend que dès qu'il est question de langage, le politique est engagé. Mais dès qu'il est question de langage, c'est le vif de la psychanalyse qui est également mis en jeu. Nouage inextricable de la psychanalyse et du politique, donc. Si la psychanalyse ne sort pas de ses institutions, de ses dispositifs, et, partant, ne se mêle pas au politique, alors nous tenons qu'il n'y a pas de psychanalyse qui vaille une minute de peine. À la vérité, une psychanalyse qui n'est pas sollicitée par le monde et ne le sollicite pas en même temps ne peut encore s'appeler psychanalyse.

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vendredi 13 octobre 2017

Christian Fierens et Frank Pierobon : Les pièges du réalisme. Kant et Lacan

Editions Modulaires Européennes InterCommunication SPRL - Août 2017 - Collection : Lire en psychanalyse


Peut-on croire à la réalité propre de l'être humain comme à celle d'une "chose" dont l'observation contiendrait tout ce qui est nécessaire à sa connaissance ? Non, car cette illusion piège la pensée et la dépouille de son pouvoir agissant et créateur, que soutiendraient des méthodes philosophiques comme l'architectonique de Kant et psychanalytiques comme la topologie de Lacan.

Christian Fierens est psychanalyste et a publié de nombreux ouvrages sur Lacan. Frank Pierobon est philosophe et spécialiste de l'architectonique kantienne.

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samedi 7 octobre 2017

Gilberte Gensel : Neuf lettres sur la dissonance sexuelle

Gallimard - Octobre 2017 - Connaissance de l'Inconscient 


Huit lettres, plus une au lecteur en manière d’épilogue – mais le lecteur est le vrai destinataire de ces lettres à : Lou Andreas-Salomé, Christine Angot, Alexis Géra (c’est alors à Monique Thiébaut, l’héroïne de Marguerite Yourcenar, que l’auteur prête sa plume), «En haut lieu» (c’est-à-dire à Freud), à Winnicott, Adam Phillips, Jacques Lacan, et à Michel Gribinski. 
Gilberte Gensel relève chaque fois une dissonance, un son désaccordé, et prend la plume pour tenter d’obtenir une sorte d’explication franche que sa lettre va imaginer, détailler et discuter. Or la fêlure incriminée est de près ou de loin de nature sexuelle. 
De très près, même, comme lorsque Lou Andreas-Salomé se permet d’écrire que «chez la femme l’appareil génital n’est guère qu’une partie du cloaque prise en location» («en location!» s'agace Gilberte Gensel, avant de s’en prendre à ce bizarre «cloaque») ; ou lorsque Christine Angot évoque son père incestueux dans Un amour impossible, «comme s’il n’était pas mon père et que je n’étais pas son enfant» – et l’une de rappeler à l’autre qu’il n’y eut pas plus «père» que le mythique «père de la horde primitive», qui possédait toutes les femmes et toutes les (ses) filles, et de lui poser la question indélicate s’il en est : «Qu’est-ce qu’un père?» 
De plus loin, comme avec une singulière erreur répétitive de Lacan qui assagit involontairement une phrase célèbre de Freud. 
Et, à Freud, justement, que veut l’auteur? Elle veut savoir, comme nous, ce qu’il aurait pensé du mariage pour tous. 
La dernière lettre, celle au lecteur, fait l’éloge de la dissonance sexuelle : la dissonance est sexuelle et ce qui ne dissone pas est monocorde, «ne trouvez-vous pas? Et terriblement monotone».

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dimanche 1 octobre 2017

Antonio Quinet : La cité et ses maîtres fous

Editions Stilus - Septembre 2017


Qu’est-ce que la folie pour la psychanalyse ? Quelles sont les formes qu’elle peut prendre dans notre actualité ? L’objectif de ce livre qui suit l’option prise par Freud et l’élucidation apportée par l’enseignement de Lacan, porte essentiellement sur l’actualité de la psychose dans notre contexte social.
L’axe qui est ici privilégié, et qui constitue l’originalité de l’ouvrage, concerne les liens sociaux qu’un sujet psychotique entretient avec ses partenaires, dans le travail, dans le couple et dans la famille. Au centre du questionnement, il s’agit de définir ce que l’auteur entend par la guérison dans la psychose et ce que peut espérer un psychotique dans la rencontre avec un analyste.

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samedi 30 septembre 2017

Yannick Barthe : Les retombées du passé. Le paradoxe de la victime

Le Seuil - Septembre 2017


Que sont devenus les anciens soldats et travailleurs ayant participé aux essais nucléaires menés par la France au Sahara et en Polynésie dès le début des années 1960 ? Certains d'entre eux sont récemment sortis de l'oubli et se sont rappelés au souvenir de l'Etat. Ils se sont mobilisés afin d'obtenir réparation pour le préjudice qu'ils estiment avoir subi du fait de leur exposition à la radioactivité. Avec eux, un certain passé, celui de la "grande aventure de la bombe", est retombé et c'est une autre histoire qui commence à s'écrire, celle de ses victimes. Mais que signifie pour ces anciens soldats le fait de "devenir" victime ? En suivant au plus près la lutte à la fois juridique et politique menée par ces "vétérans des essais nucléaires", ce livre met en lumière le caractère complexe et ambivalent de tout processus de victimisation. Car comme le montre ce cas exemplaire, les victimes elles-mêmes éprouvent parfois de grandes difficultés à endosser complètement ce statut qu'elles ont pourtant revendiqué. Tel est le paradoxe de la victime.

Yannick Barthe est sociologue, directeur de recherche au CNRS et membre du Laboratoire interdisciplinaire d'études sur les réflexivités de l'EHESS. Ses travaux ont porté sur la gestion des risques collectifs et sur les controverses publiques qu'ils suscitent. Il a publié au Seuil (avec Michel Callon et Pierre Lascoumes) Agir dans un monde incertain. Essai sur la démocratie technique, 2001.

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vendredi 29 septembre 2017

Analyse Freudienne Presse - 2017/1 - N° 24 - Névrose, psychose et perversion, psychopathologie désuète ou ultime rempart contre l’exclusion du sujet de l’inconscient ?

Erès - Octobre 2017


L'apport des structures cliniques névrose, psychose et perversion est aujourd’hui remis en question. De nouvelles appellations se multiplient et tentent de renforcer la posture scientifique, à l'aide d'items à consigner et auxquels se référer pour s'assurer qu'il s'agit bien de pathologie.
Mais ce que nous constatons dans l'expérience quotidienne au "un par un" avec nos patients ne fonctionne pas ainsi. Cette prétention à vouloir "classer", évaluer, et ainsi donner un nom qui nomme une souffrance, au lieu de représenter le sujet souffrant, n'est peut-être qu'une tentative pour rassurer le soignant. Les effets du réel dans la clinique, dans et à travers la parole, ne peuvent être décrits ainsi. La psychanalyse peut-elle se reconnaître en tant qu’une “science du réel” ? Alors : quel serait le statut du sujet en psychanalyse ? Quelles sont les opérations nécessaires pour que du sujet puisse se produire au lieu du grand Autre qui lui préexiste ? Comment quelqu’un advient-il au lieu du sujet ? Les structures névrose, psychose et perversion pourraient-elles être le dernier bastion pour soutenir le sujet aujourd'hui ?

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