mercredi 1 avril 2009

La nouvelle économie psychique - La façon de penser et de jouir aujourd'hui

Charles Melman



Sortie prévue le : 02/04/2009
Editeur : Erès
Collection : Humus
Prix : 23 €

« La psychanalyse est-elle capable de répondre aux défis nouveaux que pose la transformation culturelle à laquelle nous assistons ? Le défi est très simple, il est de savoir si nous serons capables de préserver ce qui est la caractéristique de l’humanité, c’est-à-dire la possibilité de l’analyse, de la réflexion et du choix de ses conduites dans une mutation culturelle qui se présente comme très impérative quant aux comportements, et laisse peu de place au choix et à la réflexion.

« Cette mutation culturelle, qui entraîne la mutation des rapports entre les sexes, implique de nouveaux symptômes : ce qui est guéri d’un côté se trouve en souffrance de l’autre côté.

« La psychanalyse ne peut pas être une psychothérapie sociale ; elle ne peut pas apporter de remède à l’échelle sociale, ni en aucune manière se présenter comme un guide des conduites sociales. Ceci étant, la psychanalyse a néanmoins une vertu subversive, une vertu dérangeante, une vertu ‘urticariante’ - la philosophie jouait ce rôle autrefois dans l’Antiquité - une façon d’amener les gens à s’étonner un peu sur leur existence. Le psychanalyste qui intervient en public ne cherche ni à plaire ni à séduire mais à dire frontalement ce que sont ses positions. Il est aujourd’hui l’un des rares à pouvoir maintenir une opposition qui ne soit pas seulement velléitaire. Par exemple, il y a des mouvements de résistance à la mondialisation, mais ce sont des mouvements velléitaires qui n’ont pas de support théorique susceptible d’amener, d’entretenir la réflexion et de justifier pleinement l’opposition. Aujourd’hui, la psychanalyse est bizarrement la seule, au moment où on nous promet tous les bonheurs, tous les progrès, à dire ‘non, ça ne va pas’. » CM

Dans un texte très vivant, issu de conférences tenues au Brésil et en Belgique, d’un débat avec Pierre Beckouche et Marcel Gauchet ainsi que d’un nouvel entretien avec Jean-Pierre Lebrun, Charles Melman poursuit la réflexion engagée dans L’homme sans gravité (Denoël, 2003, Folio). Il précise ici les nouvellSes modalités cliniques produites par cette mutation culturelle, qui nous entraîne notamment vers le matriarcat, et noue sa réflexion à notre actualité : « Ce que nous n’avions pas prévu dans L’homme sans gravité, c’est que la crise économique actuelle allait être l’expression sociale de cette dérégulation dont nous parlions, c’est-à-dire le fonctionnement sans limite et sans restriction d’une économie de l’échange ».

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