mercredi 25 novembre 2009

Portraits de femmes en analyste - Lacan et le contre-transfert

Gloria Leff



Sortie le: 26/11/2009
Editeur : Epel
Collection : Essais
Prix : 24 €

Ferenczi le notait déjà en 1924 : « Dans toute analyse normale, l’analyste joue, en effet, tous les rôles possibles, sans exception, pour l’inconscient du patient ; il ne tient qu’à lui de reconnaître ce rôle chaque fois au moment opportun et de s’en servir consciemment selon les circonstances . » Mais quand l’analyste endosse un rôle particulier, qu’est-ce qui se met en marche ? Qu’est-ce qui entre en jeu ? Comment la réussite ou l’échec d’une analyse pourraient-ils dépendre de cette représentation ? Lacan, dans le séminaire L’angoisse, dégage pour ces questions un abord d’une autre veine en relevant qu’une des analyses rapportées par une « femme analyste » avait réussi parce qu’elle avait fait jouer son contre-transfert. Le contre-transfert a toujours été un des thèmes les plus discutés entre analystes et ce, indépendamment de leur appartenance doctrinaire ou du groupe analytique dont ils se réclament. La condamnation de Freud en 1910 n’a pas endigué l’intérêt des analystes pour ce problème ; pas plus que le rejet de Lacan, et des lacaniens – qui eux ont essayé de rabattre l’affaire sur la notion du « désir de l’analyste »-, n’a pu, lui non plus, mettre un terme à cette question. En 1962-1963, la position de Lacan est beaucoup plus nuancée : il s’appuie sur une anecdote sur le Talmud pour circonscrire la spécificité de l’érotique analytique et reconnaître que psychanalyste et psychanalysant ressortent marqués de s’être trouvés « ensemble dans la cheminée ». Il reprend alors la problématique contre-transférentielle et la met dans la bouche (et sous la plume) de quelques « femmes analystes » pour contester le point où Freud a arrêté l’analyse. Avec l’écrit de l’une d’elles il montre que non seulement l’analyse peut être menée « au-delà de l’angoisse de castration », mais aussi de quoi est fait cet « au-delà » et à quelles conditions un analyste a pu y avoir accès.

Traduit par Béatrice Cano

1 commentaire:

Patrice. L a dit…

Bonjour Didier,

Ferenczi le notait déjà en 1924 : « Dans toute analyse normale, l’analyste joue, en effet, tous les rôles possibles, sans exception, pour l’inconscient du patient ;

==> Oui c'est exact et même que parfois, il se demande bien ce qu'il se passe... un peut comme si le patient était dans un rêve, dans une autre réalité dépassé oui.

...il ne tient qu’à lui de reconnaître ce rôle chaque fois au moment opportun et de s’en servir consciemment selon les circonstances . »

==> Par contre là, il faut qu'il soit un thérapeute de choix pour se faire...

...du « désir de l’analyste »

==> Il s'agirait bien de ce fameux désire de l'analysé vers l'analyste qui permettent de mettre le processus de guérison en marche. Une fois complètement amoureux, l'analysé entant ce que l'analyste doit lui faire entendre l'analyste pour guérir. Toutefois, si l'inconscient ne veut pas entendre, il n'entendra pas...

Bien à toi.

Patrice. L