jeudi 11 novembre 2010

La question féminine, de Freud à Lacan

Markos Zafiropoulos

9782130585282FS

Paru le : 27/10/2010 – Editeur : PUF – Collection : philosophie d'aujourd'hui – Prix : 19 €

Si le rejet haineux de la mère est la condition d’entrée des filles dans le registre œdipien, comment cette même fille pourrait-elle donc sortir de l’œdipe par la voie de l’idéalisation de la mère ? Ici réside l’aporie rendant fort difficile de faire de la mère l’avenir idéal de la femme, comme le voulait Freud exprimant enfin sa perplexité par cette question, qui hante depuis le monde psychanalytique : Que veut la femme ? Cette question a d’importantes incidences sociales puisque tous s’aperçoivent aujourd’hui de la place du désir des femmes dans les réorganisations de la modernité. Il était donc urgent de reprendre ce dossier pour sortir de l’impasse freudienne et, avec les autres sciences sociales, désenclaver sur ce point la psychanalyse.

Après avoir examiné de manière critique les textes de l’anthropologie freudienne et situé ce qui, dans la réponse de Freud, apparaît peu convaincant (y compris pour Freud lui-même), l’auteur montre l’intérêt qu’il y a à emprunter la solution de Lacan disjoignant radicalement le désir de la femme des satisfactions maternelles. En écartant la solution par la mère, on peut alors s’engager dans la relecture des perplexités de Dora, cette jeune hystérique conduite à repenser l’énigme de son devenir femme sans la mère, mais avec les figures idéales de la Vierge et de la maîtresse du père. Loin de faire apparaître seulement la solution à l’énigme de la féminité par la voie de l’Autre femme idéalisée (Vierge ou maîtresse), cet ouvrage montre que la disjonction opérée par Lacan entre la mère et la femme permet aussi de rendre intelligible la multiplicité des avatars morbides opposant la fille à sa mère inconsciente.
Pour cette nouvelle enquête sur l’anthropologie psychanalytique de Freud et de Lacan, M. Zafiropoulos relance donc aussi la clinique du cas et rend visite à la jeune femme anorexique, à sa sœur boulimique, à la jeune homosexuelle analysée par Freud, à la femme hétérosexuelle et enfin à Médée : la vraie femme, selon Lacan.

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