jeudi 11 novembre 2010

Les premières métapsychologies de Freud 1891-1896

Thierry Simonelli

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Parution : avril 2010 – Edition : Liber (Québec) – Coll. Voix psychanalytique – 30,50 €

Freud commence comme chercheur de laboratoire en neuropathologie qui travaille sur les tissus nerveux, il finit comme celui qui écoute et déchiffre les «romans» personnels de ses patients. Ce passage ne va pas de soi. Pour reprendre une ancienne distinction épistémologique, Freud passe d'une science de la nature, c'est-à-dire d'une science nomothétique, à une science idiographique, une science historique. Au cours de ce passage, il doit composer avec les connaissances neurologiques qui sont les siennes, les modèles explicatifs et les métaphores neurologiques dont il dispose, avant d'inventer d'autres modes d'explication. Entre 1891 et 1896, il expérimente donc incessamment: un modèle explicatif se substitue à un autre, puis un nouveau modèle apparaît et refoule les autres pendant quelque temps ou les complémente pour être rejeté ou simplement oublié quelques mois plus tard. Il tâte, va et vient, reprend, laisse encore. Il se fourvoie, revient sur ses pas, se précipite dans des spéculations parfois fabuleuses. La psychanalyse n'est pas sortie tout armée sous le coup d'une inspiration soudaine. C'est ce parcours de chercheur que suit pas à pas cet ouvrage, des travaux sur l'aphasie jusqu'à l'Esquisse pour une psychologie scientifique, dégageant au fur et à mesure les modèles que Freud a successivement proposés pour décrire les premières «compréhensions psychologiques» qui, les unes plus les autres moins, alimenteront la théorie psychanalytique ultérieure.

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