mardi 9 août 2011

MENTAL n°26 : Comment la psychanalyse opère

Revue internationale de psychanalyse

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Editorial

“ C’est d’un véritable volume qu’il s’agit ici.
Il est logiquement structuré par ses quatre éléments qui, comme autant de faces différentes d’un même solide, tentent d’élucider l’affirmation : comment la psychanalyse opère (1).
La première séquence forme une unité à lire comme telle. Quatre analysants témoignent et transmettent ce que fut pour eux, dans leur singularité, leur analyse. En tant qu’elle fut poussée jusqu’à son terme logique – validé comme tel par une procédure ad hoc : la passe. Ils en déploient les effets. Si la psychanalyse relève, pour une part, d’émergence d’effets de vérité sur les symptômes, elle ne se réduit pas, loin de là, à cela. Est ici plus particulièrement interrogée la dimension par où elle opère sur le désir, sur le pulsionnel qui « habitent » chacun d’eux. Ils en débattent ensuite avec deux analystes ayant eux aussi conduit leur analyse à terme. Cette séquence enserre – non par hasard, mais par nécessité – la question de la pratique analytique et du devenir analyste. C’est dans sa propre analyse que le psychanalyste trouve
le ressort de son action. C’est là sa « formation ».
C’est donc des pratiques analytiques qu’il est question dans la séquence suivante. Des praticiens de l’Europe entière, voire au-delà, y exposent, au plus précis, en quoi consiste la leur. En tant qu’elle n’est pas uniquement technique, mais qu’elle ne vaut que dans la contingence de la rencontre singulière avec le dit patient. Symptômes, jouissances, interventions, effets.
S’y dessinent – dans la série – non seulement la diversité des identités et symptômes contemporains (2), mais aussi comment la psychanalyse permet de les aborder. Avertie que le symptôme est biface. S’il est source de souffrance,
d’excès, d’inhibition, de ravage, s’y logent aussi pour une part fonctionnement, mode de vie et jouissance. à ce titre, s’il nécessite parfois traitement, il s’aborde avec éthique, respect et ne s’éradique pas en tant que tel. Les patients, par leurs dires, leur présence, finissent par prendre corps dans ces exposés, par en émerger en filigrane. C’est une conséquence éthique.
La séquence finale, qui s’aborde et se lit aussi en tant qu’unité, se veut rendre compte avec rigueur de ce qui fait « contrôle » de la pratique analytique.
Ce volume – loin des fausses évidences et des simplismes généralisants – demande que le lecteur y mette du sien. L’objet le requiert.
Jacques-Alain Miller y trouve occasion de réinterroger ni plus ni moins que le coeur même de la doctrine de la psychanalyse. Le texte que ce volume publie sera dorénavant d’orientation : l’interprétation trouvera maintenant à s’inscrire dans ce Lire un symptôme.”
Yves Vanderveken

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