vendredi 6 janvier 2012

Émancipation, individuation, subjectivation. Psychanalyse, philosophie et science sociale (fin)

Revue du M.A.U.S.S, N°38, second semestre 2011



Où il est montré (entre beaucoup d’autres choses) que non seulement la psychanalyse est en définitive aussi ou plus efficace que les psychothérapies concurrentes, mais que c’est à la psychanalyse que ces dernières doivent l’essentiel de ce qui marche chez elles. Ce constat purement empirique – qui remet en cause les condamnations positivistes trop rapides, qu’on croyait presque acquises, notamment à l’Inserm –, ne fournit toutefois en tant que tel aucune justification des théories analytiques, quelles que soient les multiples obédiences dont elles relèvent. La confrontation de la psychanalyse, de la philosophie politique et des sciences sociales reste donc plus nécessaire que jamais.

On la mène ici, dans la foulée du précédent numéro, autour de la thématique de l’émancipation, qui figure l’idéal moderne par excellence, tant individuel que collectif. Comment l’entendre ? S’émanciper, est-ce ce devenir un individu ? Un sujet ? Un peuple souverain ? Et qu’est-ce à dire ? Quoi de plus libre, de plus émancipé, par exemple, que le sujet économique (et son apothéose, le trader), enfin affranchi de toute relation de don avec ses semblables, n’ayant d’obligation qu’envers lui-même et ses « préférences » du moment ? Est-ce là notre idéal ? Certainement pas !
Il reste donc à expliciter quelle émancipation il nous est effectivement permis d’espérer.


Aucun commentaire: