mercredi 16 mai 2012

La Rencontre amoureuse. Clinique de la contingence

Ch. Albert, G. Briole, H. Castanet, N. Guey, F. Haccoun, Ph. La Sagna, C. Lazarus-Matet, F. Regnault.


Septembre 2011- Editions Himeros - 28,50 €

Dans son Cours de 2008, Jacques-Alain Miller insiste sur le réel qui tient à la contingence. « Rien ne cesse de s’écrire entre les sexes » dira-t-il. Le réel est tout à la fois celui du non-rapport – c’est le réel qui se démontre comme impossible – et celui de la rencontre dans la relation amoureuse – c’est le réel de la modalité de la rencontre. Le réel comme impossible est le réel de la logique. Le réel de la contingence désigne celui en propre de la psychanalyse. Choisissons de nommer les formes de la rencontre contingente entre les sexes aux fins de tirer des conséquences cliniques de ce réel. En affirmant la contingence, nous faisons surgir « l’acide » » qui détruit toutes les catégories établies, tous les comptages, tous les idéaux scientifiques qui, eux, énoncent le nécessaire, le possible et l’impossible.

Appliquons cette thèse à notre doxa : en quoi et comment le réel de la contingence nous oblige-t-il à repenser notre savoir psychanalytique sur le sexuel ?

En quoi et comment cette contingence est-elle portée par l’acte de l’analyste et si elle n’est pas portée par cet acte, c’est une contingence de seule rhétorique ? En quoi et comment est-elle interne à la cure ?

Ce thème1 est politique non point simplement parce qu’il interroge comment les sexes, par la contingence, se rencontrent ou pas à notre époque, mais parce qu’il affirme que la psychanalyse pose autrement la question. Notre monde – avec ses discours aux artifices ouatés qui plaisent aux maîtres – se voudrait sans réel. En affirmant, avec la psychanalyse, le réel de la contingence - et il n’y a pas d’autre réel que la rencontre contingente entre les sexes – nous sortons du fatalisme du symbolique et des idéaux normatifs – nous sortons de l’imaginaire idyllique où le rapport sexuel se fait avec le corps sans la tête. Une conséquence : l’invention et la réinvention. Mais ces dernières ne font pas ami-ami avec le réel. Elles le rencontrent, en souffrent, consentent ou pas à en tirer des conséquences – et l’une d’elles est justement que la vie n’est pas un songe.

La clinique présentée lors de cette Conversation aura pour enjeu politique de délinéer, cas par cas, ces inventions qui font ( et défont et refont) la rencontre amoureuse aujourd’hui, pas sans réel.

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