lundi 30 octobre 2017

Essaim - 2017/2 - n°39 : Se passer du surmoi ?

Erès - Novembre 2017


Sur un point, Lacan rejoint Mélanie Klein : le surmoi entre très précocement en jeu dans le développement de l’enfant et s’avère constitutif de la formation du sujet. Cela provient du lien essentiel entre la voix et le surmoi, qu’on retrouve dans la parenté étymologique et phonique entre l’ouïr et l’obéir. Ce lien et l’existence de l’hallucination verbale ont conduit Lacan à isoler la voix comme objet a. Opération qui isole dans la sonorité de la voix une part a-phone. « La voix résonne dans un vide qui est le vide de l’Autre comme tel ». « Nous devons incorporer la voix comme l’altérité de ce qui se dit ». Le surmoi dit « Jouis » à quoi le sujet ne peux que répondre « J’ouis ». En instaurant une loi obscène et féroce le surmoi reste coupé d’un tissu symbolique soutenant le désir du sujet. Lacan insiste sur le fait que le surmoi est « une manifestation individuelle liée aux conditions sociales de l’oedipisme » et, à la différence de Freud, il récuse l’existence d’un surmoi collectif « qui exigerait une désintégration moléculaire intégrale de la société. » Y a-t-il des liens sociaux qui viennent réduire la tension issue de l’oedipisme dans le social dont le surmoi serait le représentant, en raison du fait que discours, collectif, foule ne sont pas des liens sociaux équivalents. Le lien du surmoi au collectif concerne aussi les psychanalystes dans leur pratique individuelle et dans leurs relations aux autres analystes. Quelle est la place du surmoi dans le devenir analyste de l’analysant ?

Page 5 à 6 : - Se passer du surmoi ? | Page 7 à 9 : Francis Hofstein - Prendre sur moi | Page 11 à 22 : David Bernard - L’obéissance | Page 23 à 43 : Emmanuel Kœrner - Le surmoi et l’insensé au fond de la loi | Page 45 à 57 : Jérémie Salvadero - Le surmoi, l’analyste : troubles alliances | Page 59 à 81 : Jean-Pierre Cléro - Y a-t-il un apport spécifique de la notion de « surmoi » en éthique ? | Page 83 à 87 : Marie-Claude Thomas - Mais où est donc le divan de Lacan, ce 16 juin 1975 ? | Page 89 à 101 : Marguerite Charreau - « Je ne cherche pas je trouve » en forme d’aliénation | Page 103 à 118 : André Meynard - En rencontre avec l’étrangeté langagière… : figures du démenti et trajets de la lettre… | Page 119 à 127 : Jean-Louis Sous - L’éclair-obscur | Page 129 à 141 : Aboubacar Barry - L’enterrement des placentas et ses enjeux dans la tradition africaine | Page 143 à 152 : Claudia Mascarenhas Fernandes - L’image, la lettre, la voix et le silence dans la clinique des enfants | Page 153 à 166 : Thierry Longé - Présentation de l’article de S. Freud. « Un cas d’atrophie musculaire avec troubles étendus de la sensibilité (syringomyélie) » | Page 167 à 178 : Sigmund Freud, Thierry Longé - Un cas d’atrophie musculaire avec troubles étendus de la sensibilité (syringomyélie) | Page 179 à 187 : Michel Plon - Jean-Pierre Cléro. Lacan et la langue anglaise | Page 189 à 192 : Sylvain Maubrun - Jean-Louis Sous Lacan et la politique. De la valeur | Page 193 à 195 : Michel Plon - Sigmund Freud. Abrégé de théorie analytique.

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Sud/Nord 2017/1 - n° 27 : L'intime désaccord. Entre contrainte et consentement

Erès - Octobre 2017


Comment comprendre qu’un individu puisse, dans sa quotidienneté la plus ordinaire jusque dans les moments les plus atroces de l’Histoire, librement consentir à – voire mettre en œuvre, exécuter – de petites lâchetés ou des crimes de masse, alors que la conscience morale, dont parfois il s’honore, ne peut que les réprouver ou les condamner ?
Comment un « homme de bien » peut-il, sans qu’un doute n’affecte sa conscience, se laisser glisser toujours plus vers cette part d’ombre où une part d’humanité semble se dissoudre ? Et comment se fait-il que sous les pressions conjuguées de la menace et de la suggestion, « un homme se scinde en deux hommes », comme l’écrivait Karl Jaspers, se soumettant volontairement à ce qui le contraint, acquiesçant ainsi à ce qu’il condamne ou le condamne ?
Accusant les douloureuses secousses que l’actualité nous inflige, nombre d’auteurs, du sein de leur propre discipline (écrivains, historiens, médecins, philosophes, psychiatres, psychanalystes, sociologues) ont accepté de faire face à ce difficile questionnement et de figurer au sommaire de ce numéro.

Page 7 à 8 : Michel Minard, Edmond Perrier - Liminaire | Page 9 à 13 : Michel Plon - Avant-propos. De la contrainte et du consentement à la haine et la résignation | Page 15 à 24 : Frédéric Gros - L’obéissance et l’oubli du politique | Page 25 à 34 : Françoise Davoine - La banalisation du mal | Page 35 à 47 : Alain Badiou - Maîtres et esclaves chez Hegel | Page 49 à 59 : Giovanni Sias - Propos sur la stérilité de l’époque contemporaine | Page 61 à 73 : Bertrand Ogilvie - Entre Nouveau Monde et Monde Nouveau | Page 75 à 77 : Francis Hofstein - Graine de violence | Page 79 à 94 : Thomas Faugeras - Les enjeux du consentement | Page 95 à 102 : Johann Chapoutot - Une « vision du monde » : à quoi le nazisme répondait-il ? | Page 103 à 120 : Patrick Faugeras - Les jours et la nuit | Page 121 à 134 : Guy Laval - La Shoah, crime de « braves gens » ? | Page 135 à 154 : Christine Dal Bon - Rhapsodire | Page 155 à 172 : Jean-Christophe Coffin - Les peurs du psychiatre : consentement et contrainte | Page 173 à 182 : Éric Bogaert - Variations sur la contrainte dans le soin psychiatrique | Page 183 à 187 : Angelo Lippi - n.o.f. : Le transgresseur intégré | Page 189 à 198 : Christophe Chaperot - Le psychiatre c’est l’homme libre. Ou : consentir à la rencontre par contrainte | Page 199 à 203 : Francis Hofstein - Au jeu du jazz | Page 205 à 222 : Roger Ferreri - Des dispositifs d’appropriation de la question de la valeur ou des pratiques de la haine de l’autre | Page 223 à 240 : Daniele Linhart - La subordination au travail… : entre consentement et contrainte ? | Page 241 à 256 : Dominique Huez - Contrainte au travail | Page 257 à 271 : Pierre Johan Laffitte - Norme ou loi symbolique : de deux mondes éducatifs | Page 273 à 276 : Marilia Aisenstein - Difficultés de l’affirmation négative | Page 277 à 290 : Laura Pigozzi - Mais pourquoi restent-ils ? Femmes violées et enfants otages | Page 291 à 299 : Pierre Bruno - Leturaterre | Page 301 à 306 : Thomas Faugeras - Peinture et consentement : à propos d’une toile de Jean-François Peyron | Page 307 à 311 : Jacques Durand - Consentir.

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dimanche 29 octobre 2017

L'information psychiatrique - N° 2017/8 - Volume 93 : E-psychiatrie

John Libbey Eurotext - Octobre 2017


Page 647 : Patrice Huerre, Cécile Hanon - Psychiatrie 2.0 | Page 649 à 653 : Benjamin Pitrat - Quels usages pour les outils numériques en addictologie et médecine du sommeil ? | Page 654 à 659 : Lila Mekaoui, Anne-Sophie Lombardi - e-santé dans la dépression : l’application mobile Bloom-up | Page 660 à 663 : Fanny Levy, Gilles Rautureau, Roland Jouvent - La thérapie par la réalité virtuelle dans la prise en charge des troubles anxieux | Page 664 à 668 : Xanthie Vlachopoulou - À corps perdu dans le virtuel : comprendre les enjeux de la cyberaddiction | Page 669 à 675 : Frédéric Berger, Katia Amoretti, Emilie Rissoan, Eric Sermet - Utilisation des objets connectés dans le trouble d’adaptation | Page 677 à 684 : Jean-Louis Feys - De la non-existence des « structures psychiques » en psychanalyse | Page 685 à 691 : David Frank Allen - Schizoïdie et mélancolie simple : les psychoses discrètes | Page 693 à 703 : Cécile Hanon, Marion Sicard - Psychiatrie et psychanalyse n̊ 11 | Page 704 à 708 : Florent Bernardin, Thibaut Mignot, Raymund Schwan, Vincent Laprevote - Prise en charge neuropsychologique des patients présentant un état mental à risque de psychose | Page 709 à 714 : Guillaume Camelot, Christine Silvain, Nematollah Jaafari - Protocole de recherche. Évaluation de la prise de décision dans la prédiction de la rechute alcoolique chez le patient transplanté hépatique | Page 715 : - Analyse de livre | Page 716 à 717 : - Sélection de livres | Page 718 à 721 : - Agenda.

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Frédéric Tordo et Elisabeth Darchis : La cure analytique à distance. Skype sur le divan

Editions L'Harmattan - Octobre 2017 - Collection : Nomino ergo sum


Cet ouvrage est une ouverture sur un territoire encore trop peu exploré : l'utilisation de Skype dans les psychothérapies analytiques. Les auteurs explorent les risques et opportunités de cette nouvelle pratique afin de l'apprivoiser. Ces pratiques jettent un jour nouveau sur le transfert, le contre-transfert ou encore la place des sensorialités.

Frédéric Tordo est psychologue clinicien et psychanalyste, docteur en psychologie clinique, chercheur associé au CRPMS de l'Université Paris-Diderot. Elisabeth Darchis est psychologue clinicienne et psychanalyste, thérapeute psychanalytique de groupe, famille et couple. Elle est également membre de l'Association européenne Nicolas Abraham et Maria Torok, et enseignante responsable pédagogique d'un DU à l'Université Paris-Diderot.

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vendredi 27 octobre 2017

Psychologie Clinique 2017/1 n° 43 : Migrants, réfugiés, la politique interroge la clinique

EDK, Groupe EDP Sciences - Octobre 2017


Une clinique rigoureuse doit prendre suffisamment de recul pour saisir en quoi les pratiques et les concepts psychopathologiques qu'elle produit et utilise sont influencés par les discours politiques (à propos de l'immigration, des réfugiés, des « sans-papiers », de la précarité, etc.) et sanitaires (à propos de la manière dont est désormais définie la santé mentale et les critères de normativité qui redéfinissent la souffrance sociale et la souffrance psychique). Nous essaierons dans ce numéro de prendre ce nécessaire recul et de décrire les aspects de cette nouvelle clinique de la migration, de l'exil – qui est souvent aussi une clinique de l'exclusion – en tant qu'ils concernent aussi les discours et les attitudes des soignants, des décideurs, des administrations, des fonctionnaires et des institutions qui contribuent à forger les représentations contemporaines de l'étranger et à lui assigner la place qui est la sienne actuellement dans notre société. Cette clinique, c'est aussi celle des relations professionnelles entre les différents acteurs du champ de la migration ou de l'asile et elle fait place à la façon dont ces relations sont actuellement modifiées et rendues complexes et difficiles par les discours dominants contemporains.

Page 5 à 6 : Bertrand Piret, Olivier Douville - Présentation : Migrants, réfugiés, la politique interroge la clinique | Page 7 à 14 : Bertrand Piret - Le dispositif clinique de Parole Sans Frontière | Page 15 à 25 : Pascale De Ridder - Position d’entre deux violences | Page 26 à 36 : Nicolas Velut - Identités de papiers – De quelques impasses identitaires du sujet dans l’exil... et du « psy » dans le transfert... | Page 37 à 46 : Cihan Gunes - La torture, la violence politique et l’espace thérapeutique | Page 47 à 50 : Sevdalina Todorova - L’Interprétation en milieu psychothérapeutique : témoignage d’une interprète | Page 51 à 62 : Jean-Christophe Weber - Soigner sans, avec ou dans la parole : le paradigme de l’étranger (linguistique) | Page 63 à 73 : Andrée Bauer - L’enfant, l’interprète et le psychothérapeute | Page 74 à 79 : Jennifer Griffith - Les entretiens cliniques en présence d’interprète à Parole Sans Frontière | Page 80 à 87 : Marina Kousouri - Sauvons les corps : Le Trauma de l’Humiliation à l’épreuve du politique | Page 88 à 95 : Lara Pennec - Bénévoles du Samu Social/sdf : ce que nous apprennent les conditions imaginaires d’un contact | Page 96 à 108 : Olivier Jan - Psychologue en Équipe Mobile Psychiatrie Précarité. Freud à l’épreuve du trottoir ? | Page 109 à 122 : Brigitte Haie - « Vivre... c’est relatif... » | Page 123 à 133 : Saverio Tomasella - Resubjectivations après une catastrophe ou la subjectivité dévastée | Page 134 à 139 : Janine Altounian - Remonter aux grands-parents pour retrouver jeunesse et esprit de lutte | Page 140 à 150 : Sébastien Talon - La danse : sublime porte des mots ? | Page 152 à 170 : Nicolas Desurmont - Biopsychiatrie, loi du marché et politique criminelle : les récentes tendances | Page 171 à 186 : Barbara Smaniotto, Marie Réveillaud, Audrey Schillinger, Fabrice Guyod - Pierre ou la vie ordinaire d’un auteur de violences sexuelles accueilli dans un dispositif thérapeutique de psychodrame psychanalytique de groupe | Page 188 à 195 : Karine Henriquet-Mongreville - A. Souques et le père Aurélian, “Une récente exorcisation en Bavière”. Rapport sur un cas d’exorcisation (13 et 14 juillet 1891) dans le cloître des Capucins de Wending, Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, 1893 | Page 198 à 200 : Alejandro Dagfal - La disparition de Ricardo Horacio Etchegoyen (1919-2016) | Page 201 à 242 : Claude Wacjman - Lectures.

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jeudi 26 octobre 2017

Marc Crommelinck et Jean-Pierre Lebrun : UN CERVEAU PENSANT : ENTRE PLASTICITÉ ET STABILITÉ. Psychanalyse et neurosciences

Erès - Octobre 2017 - Collection : Humus


Les concepts aujourd’hui promus par les neurosciences – causalité ascendante et descendante, émergence, plasticité… – permettent mais aussi obligent à réaborder autrement des questions anciennes comme les relations corps/esprit ou encore le débat nature/culture. Évitant tout réductionnisme, ce livre mène un dialogue rigoureux entre psychanalyse et neurosciences autour du fonctionnement du cerveau pensant. Jean-Pierre Lebrun échange avec Marc Crommelinck, professeur émérite à l’Université de Louvain, neurophysiologiste et épistémologue à propos de la psychanalyse et du développement des neurosciences. Les progrès incontestables de celles-ci ces dernières années mettent-elles en question la discipline que Freud a « inventée » et que Lacan a « réinventée » ? Leurs avancées ne contraignent-elles pas à revisiter les rapports du corps et du langage ? Ces questions sont abordées sous la forme d’un entretien vivifiant qui ne se contente pas des réponses simplistes auxquelles nous ont habitué les médias.

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mercredi 25 octobre 2017

Évelyne Chauvet et Laurent Danon-Boileau (dirs.) : Psychanalyse et terrorisme. L'effroi peut-il s'élaborer ?

PUF - Octobre 2017 - Collection : Débats de psychanalyse


Que peuvent les psychanalystes en des temps de terreur collective, de sidération et d'effroi ? Telle est la question principale à laquelle les contributions rassemblées dans le présent ouvrage s'efforcent de répondre. Comment peuvent-ils privilégier la sortie du trauma, le retour à une dynamique de vie intérieure qui puisse s'inscrire à nouveau dans le temps partagé et la relation à l'autre ? Les événements dramatiques de 2015 nous ont brutalement rappelé la nécessité d'une telle réflexion. Pour un psychanalyste, il y a urgence à favoriser la vie psychique, avant tout, malgré tout, à tout prix. Mais il y a aussi urgence à saisir le chemin qu emprunte la perversion des idéaux dans ses déchainements mortifères.

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mardi 24 octobre 2017

Eliane Allouch : Psychoses infantiles et autismes. Vers une poétique du corps

Campagne première - Octobre 2017 - Collection : En question


A partir des récits de la prise en charge psychanalytique de cinq adolescents, l'auteur nous fait entrer dans le vif des états de psychose infantile et d'autisme. Là où, en deçà de corps figés, distordus, informes et souvent sans voix, des êtres cherchent à s'incarner. Grâce au transfert, ces adolescents rétablissent le contact par leur corps. Les effets de rencontre et d'identification qui en résultent leur permettent une ouverture aux autres et à eux-mêmes. Ce traitement requiert du praticien une capacité poétique au plus près des contes et des mythologies. Il répond ainsi à l'esthétique d'orientation économique mise en évidence par Freud, ce qu'Eliane Allouch, dans cet ouvrage riche de clinique et de théorie, illustre avec tact.

Eliane Allouch est professeur émérite en psychopathologie et psychanalyse de l'université Sorbonne Cité Paris 13 et psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne (SPF). Elle a publié Corps et psyché en psychanalyse aux éditions CampagnePremière / en 2015. Elle a également dirigé plusieurs ouvrages collectifs, dont Confiance et Langage, In Press, 2010, et Passion amoureuse, CampagnePremière /, 2013.

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lundi 23 octobre 2017

Lionel Le Corre : L'homosexualité de Freud

PUF - Octobre 2017


L'homosexualité de Freud soutient que l'amitié de Freud avec Fliess, dont les effets de transfert orientent le désir inconscient de Freud et ses symptômes, joue un rôle crucial pour la découverte de la psychanalyse. Ainsi, Freud problématise l'homosexualité masculine à partir de son rejet social pour en produire une définition sophistiquée et élargie participant à (et de) l'autonomie du champ : plus il approfondit sa compréhension du fait homosexuel et en étend la surface définitionnelle, plus le terme « homosexualité » condense de significations englobant choix d'objet et narcissisme, entrée dans la paranoïa, lien social et transfert dans la cure. 1910 est le moment homosexuel de Freud où, du cas Léonard au cas Schreber, il livre des résultats cruciaux sur les ressorts inconscients du désir homosexuel dont les effets contribuent au renouvellement de la métapsychologie par l'introduction du narcissisme.

Lionel Le Corre, psychanalyste, docteur en anthropologie psychanalytique à l'université Paris Diderot, est membre du Cercle international d'anthropologie psychanalytique.

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dimanche 22 octobre 2017

Le Coq-Héron N° 229 : Ce que l'autisme interroge en nous

Erès - Septembre 2017


La question de l’autisme donne lieu à des approches politiques, institutionnelles, pluridisciplinaires et cliniques. Ce numéro tente de dépasser les clivages et les oppositions virulentes qu’elle suscite pour donner la parole à ceux qui travaillent ou vivent avec des personnes autistes. Il cherche aussi à apporter des éléments de réflexion à ce que son titre suggère : qu’est-ce que l’autisme interroge en nous, comme entre nous, subjectivement et collectivement, qui puisse faire ouverture à ceux qui en sont porteurs, et qui nous mobilisent tant ?


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samedi 21 octobre 2017

Sonia Combe et Antoine Spire : Maladie et Privation d'amour. De Christa Wolf à Canguilhem, pour un retour à la clinique

Le Bord de l'eau - octobre 2017


En novembre 1984, Christa Wolf ouvrait la première conférence de l'association des gynécologues psy-chosomaticiens de RDA réunis à Mag-Debourg. Dans son discours intitulé "Maladie et privation d'amour", elle s'interrogeait sur l'évolution de la médecine moderne dont les progrès en matière d'appareils médicaux éloignaient toujours davantage les praticiens de leurs patients. Par-delà son regard sur la relation entre l'âme et le corps, Christa Wolf informait aussi des attentes des femmes qui avaient pris au mot les promesses d'égalité des sexes en régime "socialiste réel". Quelques années plus tôt Georges Canguilhem, résistant au scientisme triomphant, se proposait de continuer à penser la médecine comme un art qui devait s'adapter à chaque individu malade. Déplorant la disparition progressive de la clinique, il plaidait pour un dialogue continu entre le patient et le médecin Tandis que Sonia Combe s'appuie sur le discours de Christa Wolf pour appréhender l'expérience communiste à partir de l'étude de genre, revenant sur la double leçon de Christa Wolf et de Canguilhem, Antoine Spire se demande dans quelles conditions un retour de la médecine à la pratique clinique pourrait se faire et répondre à la demande des malades.

Sonia Combe est historienne, associée au centre Marc Bloch à Berlin, où elle a enseigné à l'université Humboldt et à la Freie Universität. Antoine Spire est journaliste et universitaire. Il a dirigé pendant plusieurs années la recherche en sciences humaines à l'Institut national du cancer.

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vendredi 20 octobre 2017

Françoise Neau et Fanny Dargent (dirs.) : La honte. Ecouter l'impossible à dire

PUF - octobre 2017 - Petite bibliothèque de psychanalyse


L'expérience est commune, qui nous fait rougir ou mourir de honte. Diverse aussi : honte de ce que je suis ou de ce que je n'ai pas, honte de demander quand il faudrait taire ou de taire quand il faudrait faire, honte de soi ou honte pour eux. C'est toujours sous le regard d'un autre, et le jugement que nous lui prêtons, que la honte nous saisit, et parfois nous ronge. À cet autre qui la fait naître, comment la dire sans en être davantage accablé ?
L'écoute d'un psychanalyste peut aider à la dire sans en mourir, et ce faisant à la déplacer, c'est-à-dire à la transformer. Six analystes s'interrogent, à partir de ce qui survient dans le traitement, sur les accointances inattendues de cet affect avec l'excitation et le plaisir infantiles comme avec la rage et les blessures liées aux défaillances du moi et à la menace de ses idéaux ; ailleurs, c'est avec la culpabilité et la cruauté du surmoi qu'elle pactise. Et si la cure permettait de retrouver la face que la honte nous a fait perdre ?

Françoise Neau est professeur de psychopathologie clinique à l'université René-Descartes et psychanalyste. Elle a dirigé Cruautés (Puf, 2013) et collaboré à de nombreux ouvrages aux Puf.
Fanny Dargent est psychanalyste et maître de conférences en psychopathologie clinique à l'université Paris-Diderot. Elle est l'auteur de nombreux articles et contributions. Elle a reçu le prix Pierre Mâle pour son travail dans Blessures de l'adolescence (Puf, 2011).

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jeudi 19 octobre 2017

Bernard Lempert : Dans la maison de l'ogre. Quand la famille maltraite ses enfants

Le seuil - Octobre 2017


Engagé auprès d'enfants victimes de violences familiales à une époque où le mot même de maltraitance n'était pas reconnu dans le champ de la psychopathologie et où sa réalité était niée, le psychanalyste Bernard Lempert a contribué de façon considérable à la reconnaissance de la malfaisance de certains parents, contre le secret qui l'entourait et loin des mythes familialistes. Dans ce livre, il analyse avec une intelligence et une justesse remarquables la boucle où l'enfant victime, autre figure du bouc émissaire, est pris d'emblée : coupable dès sa naissance d'une faute imaginaire connue de ses seuls parents, il n'a d'autre issue que de payer pour elle, devenant leur serviteur (économique, psychologique ou sexuel), et intériorisant sa culpabilité insolvable jusqu'à adhérer au système de domination qui le maltraite, voire à le justifier en recourant à son tour à la violence – la boucle est bouclée.
Mené à partir d'une lecture profonde et subtile de la dramaturgie des contes, nourri d'anthropologie, ce livre intense est d'autant plus frappant qu'il est écrit avec la volonté de défaire le mécanisme de la violence, et d'avancer des contre-propositions libératrices pour tous les Peau d'Âne et Petit Poucet.

Bernard Lempert : Philosophe et psychanalyste, il a notamment publié, au Seuil : Le tueur sur un canapé jaune (2008) ; Critique de la pensée sacrificielle (2000) ; Désamour (1994).

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mercredi 18 octobre 2017

Stéphane Habib : Faire avec l'impossible. Pour une relance du politique

Hermann - Octobre 2017


Nous philosophons, psychanalysons et écrivons dans un monde. Il arrive qu'on l'oublie. On peut nommer politique l'inquiétude devant ce qui arrive dans le monde et au monde. À ce qui arrive au monde au nom du Califat, seul le politique peut faire réponse. Dans cette optique il s'agira de dégager le minimal du politique, en vue de sa relance. Apparaît alors une quasi synonymie entre psychanalyse et politique : l'une et l'autre ont en commun de faire avec l'impossible. Ni psychanalyse appliquée, ni psychanalyse du politique, mais penser avec la psychanalyse, s'en servir, faire travailler ses notions, parler ses langues, l'altérer aussi, la déplacer. Arendt nous apprend que dès qu'il est question de langage, le politique est engagé. Mais dès qu'il est question de langage, c'est le vif de la psychanalyse qui est également mis en jeu. Nouage inextricable de la psychanalyse et du politique, donc. Si la psychanalyse ne sort pas de ses institutions, de ses dispositifs, et, partant, ne se mêle pas au politique, alors nous tenons qu'il n'y a pas de psychanalyse qui vaille une minute de peine. À la vérité, une psychanalyse qui n'est pas sollicitée par le monde et ne le sollicite pas en même temps ne peut encore s'appeler psychanalyse.

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vendredi 13 octobre 2017

Christian Fierens et Frank Pierobon : Les pièges du réalisme. Kant et Lacan

Editions Modulaires Européennes InterCommunication SPRL - Août 2017 - Collection : Lire en psychanalyse


Peut-on croire à la réalité propre de l'être humain comme à celle d'une "chose" dont l'observation contiendrait tout ce qui est nécessaire à sa connaissance ? Non, car cette illusion piège la pensée et la dépouille de son pouvoir agissant et créateur, que soutiendraient des méthodes philosophiques comme l'architectonique de Kant et psychanalytiques comme la topologie de Lacan.

Christian Fierens est psychanalyste et a publié de nombreux ouvrages sur Lacan. Frank Pierobon est philosophe et spécialiste de l'architectonique kantienne.

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samedi 7 octobre 2017

Gilberte Gensel : Neuf lettres sur la dissonance sexuelle

Gallimard - Octobre 2017 - Connaissance de l'Inconscient 


Huit lettres, plus une au lecteur en manière d’épilogue – mais le lecteur est le vrai destinataire de ces lettres à : Lou Andreas-Salomé, Christine Angot, Alexis Géra (c’est alors à Monique Thiébaut, l’héroïne de Marguerite Yourcenar, que l’auteur prête sa plume), «En haut lieu» (c’est-à-dire à Freud), à Winnicott, Adam Phillips, Jacques Lacan, et à Michel Gribinski. 
Gilberte Gensel relève chaque fois une dissonance, un son désaccordé, et prend la plume pour tenter d’obtenir une sorte d’explication franche que sa lettre va imaginer, détailler et discuter. Or la fêlure incriminée est de près ou de loin de nature sexuelle. 
De très près, même, comme lorsque Lou Andreas-Salomé se permet d’écrire que «chez la femme l’appareil génital n’est guère qu’une partie du cloaque prise en location» («en location!» s'agace Gilberte Gensel, avant de s’en prendre à ce bizarre «cloaque») ; ou lorsque Christine Angot évoque son père incestueux dans Un amour impossible, «comme s’il n’était pas mon père et que je n’étais pas son enfant» – et l’une de rappeler à l’autre qu’il n’y eut pas plus «père» que le mythique «père de la horde primitive», qui possédait toutes les femmes et toutes les (ses) filles, et de lui poser la question indélicate s’il en est : «Qu’est-ce qu’un père?» 
De plus loin, comme avec une singulière erreur répétitive de Lacan qui assagit involontairement une phrase célèbre de Freud. 
Et, à Freud, justement, que veut l’auteur? Elle veut savoir, comme nous, ce qu’il aurait pensé du mariage pour tous. 
La dernière lettre, celle au lecteur, fait l’éloge de la dissonance sexuelle : la dissonance est sexuelle et ce qui ne dissone pas est monocorde, «ne trouvez-vous pas? Et terriblement monotone».

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dimanche 1 octobre 2017

Antonio Quinet : La cité et ses maîtres fous

Editions Stilus - Septembre 2017


Qu’est-ce que la folie pour la psychanalyse ? Quelles sont les formes qu’elle peut prendre dans notre actualité ? L’objectif de ce livre qui suit l’option prise par Freud et l’élucidation apportée par l’enseignement de Lacan, porte essentiellement sur l’actualité de la psychose dans notre contexte social.
L’axe qui est ici privilégié, et qui constitue l’originalité de l’ouvrage, concerne les liens sociaux qu’un sujet psychotique entretient avec ses partenaires, dans le travail, dans le couple et dans la famille. Au centre du questionnement, il s’agit de définir ce que l’auteur entend par la guérison dans la psychose et ce que peut espérer un psychotique dans la rencontre avec un analyste.

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