mercredi 21 mars 2018

Laurence Kahn : Ce que le nazisme a fait à la psychanalyse

PUF - Mars 2018


Est-il imaginable que la psychanalyse soit demeurée indemne du désastre du nazisme ? Pulsion, autoconser­vation, mystique de l'inconscient : entre la masse soudée autour de son Fûhrer et l'effondrement de l'autonomie du droit, les psychanalystes assistèrent à l'entrée en force de la « nature », de ses forces souterraines et de sa « bio­logie » dans le champ langagier, politique, racial. Ils ont beaucoup lutté. Mais la transformation des conceptions analytiques qu'ils introduisirent alors ne les a-t-elle pas trahis ? Qu'advint-il de l'énigme de la transformation de la haine individuelle en psychose de masse quand le traitement psychanalytique de la Shoah privilégia l'écoute empathique en donnant la prévalence au trauma et à la pathologie des victimes ? Qu'est-il resté du paradoxe de l'engendrement de l'anti-civilisation par la civilisation elle-même ? Les psychanalystes ont-ils pris la pleine mesure de la désorientation, clinique et théorique, infligée par le déchaînement nazi ?

Laurence Kahn est membre titulaire et formateur de l'Association psychanalytique de France. Elle a occupé les fonctions de président de l'APF de 2008 a 2010. Elle est notamment l'auteur de Cures d'enfance (Gallimard, 2004), Faire parler le destin (Klincksieck, 2005), L'écoute de l'analyste (Puf, 2012) et Le psychanalyste apathique et le patient postmoderne (L'Olivier, 2014).

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