lundi 15 octobre 2018

Essaim 2018/2 (n° 41) : De quoi les psychanalystes devraient-ils avoir honte ?

Erès - Octobre 2018


Qu’on le veuille ou non, l’opinion stigmatise la honte. Indice d’une parole muselée et signe de faiblesse, la honte et son corrélat de culpabilité embarrassent ou inhibent quand, dit-on, la parole doit se libérer. Cette parole qu’on veut éhontée fait feu de tout bois sur la place publique. Elle va du commentaire intempestif au témoignage en passant par la dénonciation. Est-elle alors la bonne nouvelle qui annonce l’émancipation exigible de nos sociétés démocratiques ? Lacan, justement, à rebours de la clameur contemporaine, ne condamnait pas la honte. Il en fit même un éloge appuyé quand, dans L’envers de la psychanalyse, il l’opposait au pire, soit à l’impudence, et espérait que si les gens se pressaient aussi nombreux à son séminaire, c’est qu’il parvenait encore un peu à leur faire honte !

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