mercredi 14 avril 2021

Laurie Laufer : Murmures de l'art à la psychanalyse. Impressions analytiques

 Hermann - Avril 2021


« Les poètes et les romanciers sont de précieux alliés et leur témoignage doit être estimé très haut, car ils connaissent, entre terre et ciel, bien des choses que notre sagesse scolaire ne saurait encore rêver », écrivait Freud.
Les impressions analytiques que propose ici Laurie Laufer, à partir de différentes œuvres, parlent des épreuves de la vie : le deuil, la mélancolie, la mort. Ces œuvres ouvrent des traversées dans notre rapport à l’image et au corps. Elles peuvent nous soulever, nous offrir des formes d’émancipation. Si la cure analytique déplace le sujet, défait les certitudes, déconstruit les identités et les identifications, lire Mallarmé, Gary, Perec, Van Gogh, Chloé Delaume et Simone de Beauvoir permet aussi d’emprunter des chemins de traverse. Les œuvres d’art et les livres sont ici des amis qui murmurent à l’oreille de la psychanalyse. Jean Genet avait bien compris que « l’avenir est à Freud ».

Laurie Laufer est psychanalyste, professeure de psychopathologie clinique et de psychanalyse à l’Université de Paris. Elle est directrice du Centre de recherche psychanalyse, médecine et société (CRPMS).

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mardi 13 avril 2021

François Bafoil : Politiques de la destruction. Trois figures de l'hallucination en politique

 Hermann - Avril 2021`


Appliquées aux sciences sociales, les catégories de la psychanalyse permettent d’analyser l’action totalitaire et sa dérivée autoritaire en mettant en valeur ce qui est commun à tous les régimes qui s’en revendiquent : la destruction des cadres de l’espace et du temps ; leur substitution au profit d’une « sur-réalité » fantasmée ; un processus d’assignation des individus dans l’espace social en fonction de motions d’amour et de haine, que leur vouent les détenteurs de l’autorité. Qu’il s’agisse du bolchévisme stalinien, considéré ici comme la matrice de la "personnalité totalitaire", de sa version extrême avec l’État islamique et de celle, affadie, du parti dirigeant polonais "Droit et justice" (PiS), tous se caractérisent par la négation de la temporalité et de la distance, donc la négation des liens de causalité, le déplacement et la transformation des données de l’expérience. Autant de composantes propres à l’inconscient qui dans le rêve agit sur le donné factuel, le transforme, le nie et le reproduit sous une autre forme, plus conforme aux désirs du rêveur. C’est pourquoi les politiques qui en résultent peuvent s’apparenter à une hallucination.

François Bafoil est sociologue, directeur de recherche au CNRS (CERI-Sciences Po). Il a notamment publié L'inlassable désir de meurtre (2017) et Max Weber, Réalisme, rêverie et désir de puissance (2018).

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lundi 12 avril 2021

Jean Reboul : Petite musique du silence. De Bach à Lacan

 Champ social - Mars 2021


L'écriture d'un livre concernant l'expérience clinique n'est jamais pour moi-même l'aboutissement d'une quête mais le point de départ d'un chemin nouveau. Mon désir de transmettre ce que la rencontre clinique m'enseigne est très vite devenu une nécessité. Cet inconnu, cet irreprésentable, cette part de l'humain que l'objectivité scientifique méconnaît est devenue l'essentiel de ma recherche. À la science, je suis resté fidèle. Mais reconnaître les progrès de l'objectivité scientifique n'exclut pas d'être attentif à ce que la science ne veut pas savoir. Aujourd'hui, un cas clinique nous enseigne comment l'art, la musique, la poésie sont au service d'une rencontre inouïe : celle du silence. Rencontre déterminante pour un être parlant, désirant, jouissant en quête d'amour et de liberté.

Jean Reboul est médecin gynécologue, docteur en psychologie et en biologie humaine, ancien chef de clinique à la Faculté, psychanalyste, membre de l'Ecole de la Cause Freudienne et de l'Association mondiale de psychanalyse.

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dimanche 11 avril 2021

Quarto n°127 : Points de fixation

 Ecole de la Cause freudienne - Avril 2021


Sous le titre Points de fixation, nous rassemblons dans ce numéro un certain nombre de textes des 50es Journées de l’ECF consacrées à l’Attentat sexuel ; une conférence de Marie-Hélène Brousse sur la barre portée par Lacan sur le sujet, l’Autre et sur le La de La femme ; une Soirée CPCT-Paris sur Acte et tact ; trois interventions sur Psychose, autisme, psychose, institution et la langue ; un texte sur ladite novlangue ; et, en ouverture de ce numéro, un cours de Jacques-Alain Miller consacré au
point de fixation.

Points de fixation, ce titre est emprunté à Freud. C’est ainsi, en effet, qu’il désignait un arrêt de la pulsion en un ou plusieurs points du développement de la libido. Jacques-Alain Miller – dans son cours du 30 mars 2011 – fait équivaloir ce point de fixation freudien à la conjonction lacanienne du Un et de la jouissance : Yad’lun, du Un de la jouissance qui ne laisse pas aller à la métamorphose, au déplacement, qui revient toujours à la même place, reste fixé en un point.
Attentat sexuel, le titre des 50es Journées de l’École de la Cause freudienne, est lui aussi emprunté à Freud, au cas Emma précisément. À douze ans, lorsqu’Emma rencontre dans une boutique deux hommes, dont elle pense qu’ils se moquent de sa tenue, et qu’elle éprouve pour l’un d’eux un désir sexuel, l’attentat qu’elle a subi à huit ans – l’épicier avait alors porté la main sur ses organes génitaux à travers l’étoffe de sa robe – se réveille. Elle se reproche alors d’être revenue dans cette boutique, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Il aura donc fallu l’émoi sexuel éprouvé à douze ans pour que se réveille l’attentat subi à huit ans, et avec celui-ci la question lancinante de sa participation à la jouissance en jeu – le point, là fixé, dans cet essaim signifiant, de sa jouissance à elle.
Nous reprenons dans ce numéro une large part des interventions de la plénière des J50. On y trouvera distingués l’incident sexuel, qui relève du ratage et de la contingence, de l’attentat sexuel qui fait effraction. Parler avec son corps peut alors restituer l’équivoque, le bien dire, permettre de ponctuer, border, nommer, serrer.
Dans une rubrique que nous avons intitulée Les trois barres, nous reprenons une conférence de Marie-Hélène Brousse à Bruxelles, qui n’est pas sans faire écho à ce cours de J.-A. Miller. Elle propose en effet Yad’lun comme strictement corrélatif au fait que l’on puisse mettre en série la barre sur le sujet, sur le La de La femme et sur l’Autre.
Une fois n’est pas coutume, vous trouverez dans ce numéro une soirée du CPCT-Paris, si joliment intitulée Acte et tact, entre lesquels, pour reprendre le mot de Omaïra Meseguer, se tricote, non sans un certain maniement du temps, la pratique au CPCT.
Sous le titre Psychose, autisme, institution et la langue, trois interventions ont été rassemblées, dont celle de Jacques Borie auquel nous rendons hommage. La psychanalyse, disait-il, vise à un savoir y faire avec la langue, elle propose au sujet psychotique une pratique avec la langue. Et elle vise l’effet de rebroussement, c’est-à-dire le passage d’un état où le sujet se trouve soumis à la jouissance et à la langue de l’Autre, à un effet de création quand il s’approprie la langue pour en faire un nouvel usage. À l’inverse de la langue – et de ses effets de création possible du fait même que le mot ne dit pas la chose, mais ne peut que l’inventer – nous terminons ce numéro par une étude consacrée à ladite novlangue, une
anti-langue qui, à faire taire les équivoques de la langue, a, elle, pour effet de l’asphyxier. Une démonstration par l’absurde du vivant de la langue.

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samedi 10 avril 2021

Christopher Bollas (avec Sacha Bollas) : Avant la chute... Psychanalyse de l’effondrement psychique

 Ithaque - Avril 2021


« J’ai appris avec le temps que, en tant que tel, le processus analytique était si efficace que l’on devrait pouvoir l’aménager à la mesure d’une personne qui traverse une mauvaise passe, lui proposant des séances plus longues, plus fréquentes, et, pourquoi pas, des séances d’une journée entière. Je voyais bien que l’expérience analytique fonctionnant d’elle-même, elle devenait un objet tiers capable d’être le vecteur d’une transformation.» – Christopher Bollas 

L’effondrement psychique peut être une source de transformation : voilà le postulat audacieux auquel cet ouvrage convie le lecteur. S’effondrer, quelle que soit la structure psychique de l’individu, oblige à des réaménagements internes considérables pouvant, certes, mener à des états pathologiques sévères mais également à une véritable transformation thérapeutique. Fort de sa longue expérience auprès des patients difficiles, Christopher Bollas nous montre ici comment dérouter un destin pathologique et l’orienter vers les sources vivifiantes de la découverte de soi. Au moyen d’un aménagement radical du cadre des séances et d’un travail analytique intensifié, il propose au patient de se saisir de ce moment de bouleversement pour explorer en profondeur ses expériences émotionnelles, mobiliser sa capacité de penser, et en venir à un authentique travail d’élaboration psychique. Mettant à l’épreuve la temporalité même de la cure classique, il augmente fortement la fréquence et la durée des séances, entoure le patient d’un environnement secourable et chaleureux, jusqu’à créer, pour celui-ci, les conditions d’un dépassement de la crise et une restructuration salutaire de son monde interne. Rédigé comme un manuel clinique, cet ouvrage est conçu pour accompagner pas à pas le clinicien contemporain désireux d’explorer les possibilités du cadre analytique et avancer dans la cure des patients en crise.

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vendredi 9 avril 2021

L'information psychiatrique 2021/3 (Volume 97) : Clinique

John Libbey Eurotext - Avril 2021


Page 187 à 188 : Jean-Jacques Bonamour du Tartre - À la recherche du lien perdu… | Page 189 à 191 : Vincent Mahé - La Tartarinite | Page 193 à 198 : Souad Dehbi - Un appel à l’autre | Page 199 à 201 : Jean-Paul Descombey - Feu le diplôme d’infirmier de secteur psychiatrique. In memoriam | Page 203 à 209 : Bruno Gepner, Sarah Dempuré, Pauline Santacreu, Yves Desnos et Carole Tardif - Groupe de parole et de communication pour adultes avec autisme : méthode et observations préliminaires | Page 211 à 216 : Antonin Rossanino-Lods et Jérôme Palazzolo - Protocole expérimental de biofeedback proposé au traitement du trouble de stress post-traumatique chez le sujet adulte souffrant d’un sentiment d’impuissance | Page 217 à 229 : Feten Fekih-Romdhane, Ghada Barbari, Rym Ridha et Majda Cheour - Stress post-traumatique chez les femmes victimes de violence entre partenaires intimes | Page 231 à 240 : Jean-Louis Feys - Le retour de l’approche dimensionnelle des classifications en psychiatrie. Rappels historiques et problématiques contemporaines | Page 241 à 246 : Nicolas Brémaud - Le lien et le centre : considérations sur l’idée fixe pathologique | Page 247 à 252 : Yoann Loisel et Claire Alexandre - La créativité aux risques de la destructivité : de quoi avait peur Virginia Woolf ? | Page 253 à 256 : Toufik Tabril, Amine Bout, Chadiya Aarab et Rachid Aalouane - Kyste de la poche de Rathke et trouble de l’humeur : à propos d’un cas | Page 257 à 260 : Eduardo Mahieu - Bibliothèque du psychiatre | Page 261 : Georges Jovelet - Analyse de livre | Page 262 à 263 : Sélection de livres.

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mardi 6 avril 2021

Le Journal des psychologues 2021/4 (n° 386) : Voyager, se déplacer : regards cliniques

 Martin média - Avril 2021


Les beaux jours, timidement mais sûrement, font leur apparition et, de ce fait, l’envie de voyage, de prendre un « bol d’air » comme il est dit, s’impose à beaucoup d’entre nous, probablement fatigués d’être consignés, cantonnés par les situations de confinement, de couvre-feu, d’interdictions limitant la mobilité.

Ce désir de mouvement, de voyage et d’évasion des uns n’est pas celui des autres : le modeste bol d’air revendiqué n’est pas pour autant le désir effréné de rejoindre de pâles eldorados aux aventures factices sous des cocotiers bien réels.

D’ailleurs, cette envie d’oxygène risque fort de nous amener à en manquer. Prenant pour exemple le Portugal, qui a vu affluer des touristes heureux d’échapper aux contraintes spatiales, mais laissant le pays avec un des taux de contamination les plus élevés d’Europe. Aventure dangereuse et peu glorieuse.

Bref « l’ailleurs » d’aujourd’hui serait plutôt ici que là-bas, ce qui amène une question : peut-on se contenter aujourd’hui d’une autre forme de voyage – intérieur celui-ci – d’une exploration au fond de nous-mêmes, ou faut-il se plaindre de cette privation d’espaces touristiques programmés et planifiés ?

Certes, le manque de mobilité, d’espace, associé au désir de récupérer loin de chez soi, le temps des vacances ou des week-ends, est plus que compréhensible et manque à chacun d’entre nous. Il n’est pas question de remettre en cause le caractère indispensable, nécessaire du voyage, allant de la découverte au récit initiatique qui en résulte, en passant par l’aventure, le dépassement de soi, les rencontres authentiques où chacun – même dans les propositions de voyages les plus standardisées – peut y trouver son compte. D’ailleurs, Michel de Montaigne soulignait en son temps les bienfaits du voyage : « Je ne connais pas de meilleure école pour former la vie que de mettre sans cesse devant nos yeux la diversité de tant d’autres vies, opinions et usages. » Mais au vu des circonstances, la question serait plutôt : comment faire pour être ailleurs tout en étant ici ? En résumé, comment retrouver sa part de liberté dans l’ici et maintenant ?

L’ennui ressenti viendrait d’un « ici » insistant, immuable, trop ritualisé. Peut-être est-ce cette immuabilité qui paraît insupportable. Un temps arrêté, qui n’apporte rien de nouveau. Habitués à aller voir ailleurs ce qui se passe – ou plus exactement ce qui se donne à voir –, cet ailleurs serait vécu comme le seul moyen d’aller à la recherche de la nouveauté et de la découverte. Donc, plus de choix : l’ailleurs doit se trouver ici, dans une recherche de l’altérité dans la proximité. Si le rêve des uns est de traverser la rue pour trouver du travail, pourquoi ne pas traverser la rue pour aller à la rencontre de l’autre ?

Beaucoup d’ailleurs ne s’y sont pas trompés en découvrant leurs voisins à travers des chants partagés, des sourires, des petites attentions qui les ont fait se découvrir mutuellement. L’ailleurs est peut-être au final plus à portée de main qu’on ne le croit et la frustration peut être en partie levée, en se laissant aller au surgissement de l’inattendu, fût-il au coin de la rue, dans la promesse d’une rencontre pas très touristique, mais réellement authentique.

Patrick Conrath, Maria Ouazzani

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